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L’agence digitale Virtua projette de lancer un incubateur et un fonds

Forte de 70 collaborateurs et réalisant un chiffre d’affaires de 13 millions de francs, la PME d’Etoy a atteint un palier de croissance. Son directeur général, Steve Savioz, développe une nouvelle stratégie en mettant l’agence au cœur de l’innovation

L’agence digitale Virtua projette de lancer un fonds

Internet Afin de rester à la pointede l’innovation,la PME d’Etoy revoitsa stratégie

La mise sur pied d’un incubateurest à l’étude

C’est en suivant un workshop d’un professeur de Saint-Gall que Steve Savioz a appris à dessiner des petits bonshommes qui permettent d’exprimer sa vision. Un dollar dans le ventre symbolise par exemple un investisseur, un «E» un entrepreneur. Et il s’en donne à cœur joie pour illustrer la nouvelle stratégie de Virtua, une agence digitale d’Etoy (VD), forte de 70 collaborateurs, qu’il dirige. «Nous sommes leaders en Suisse romande, mais voulons surtout faire de Virtua le cœur de l’innovation future dans le digital. Notre agence est complètement intégrée, composée de spécialistes des différents métiers du digital et nous ne nous contentons pas de faire de la veille pour rester à la pointe, explique le directeur général, mais développons nos différentes expertises en effectuant des recherches avancées.»

Aux mains de quatre associés (Yannick Burky, Marcel Prisi, Steve Savioz et Raphaël Augustin), Virtua célébrera ses 15 ans d’existence avec une refonte de son image courant mai. Mais, surtout, elle affiche une nouvelle vision. Tout est remis en question, les séances de travail se multiplient dans les locaux d’Etoy. Comment assurer une arrivée de choc à un nouveau collaborateur, pour être sûr qu’il s’en souviendra pendant toute sa carrière? Comment accroître la satisfaction des clients finaux? Comment faire des ressources humaines un jeu (par exemple en offrant un demi-jour de congé ou un cadeau si tel objectif est atteint)?

Tout est actuellement réinventé dans une perspective de groupe, avec au centre l’agence numérique. Celle-ci propose des stratégies et des créations digitales complètes, en concevant, réalisant, hébergeant et assurant la promotion de projets web, mobile et social media. Elle compte parmi ses clients plutôt des grands comptes, Nespresso, Greubel Forsey, la Fondation de la haute horlogerie, le CIO, la BCV, ou la maison Schenk. Ses concurrents sont plutôt suisses et se nomment Cross Systems ou Details à Genève.

«Un site devrait être refondu au maximum tous les cinq ans, car Internet bouge très vite, estime le jeune dirigeant valaisan. Les entreprises en profitent pour revoir leur positionnement et mieux intégrer le marketing des réseaux sociaux, encore relativement récent.»

Alors que sa croissance atteignait près de 30% les années précédentes, en 2013 Virtua a réalisé une progression de 10% pour un chiffre d’affaires de 13 millions de francs. Ses associés tablent sur un million de ventes supplémentaires pour l’exercice en cours. Steve Savioz, le financier de l’équipe à quatre têtes, reconnaît qu’un palier de croissance a été atteint: «Nous devrions désormais sortir de la Suisse romande ou nous développer par acquisitions ou à l’étranger, mais nous avons choisi une autre voie.»

La stratégie repose donc sur un groupe, avec l’agence au centre, un incubateur et la création d’une structure d’investissement. Virtua a déjà investi dans le passé dans la plateforme suisse de rencontres sur Internet Swissfriends, dont elle s’est ensuite retirée. Elle continue de soutenir certains projets. «Nous sommes chez Attractive World (site de rencontres haut de gamme), chez My-store.ch (ventes privées) et la société IBO (Investment By Objectives). A terme, nous cherchons des investisseurs externes pour créer un véritable fonds d’investissement.» La PME vaudoise finalise actuellement le rachat d’une participation de 20% dans une plateforme liée au domaine de l’hospitalité, mais ne souhaite pas en dévoiler davantage.

Outre ce véhicule financier, Virtua planche sur la création d’un incubateur. Entre Fribourg et Yverdon-les-Bains, Steve Savioz analyse actuellement l’offre existante afin de peaufiner son projet, qui s’inspirera surtout de l’attitude décontractée de la Silicon Valley. «Seule certitude: les start-up qui prendront leurs quartiers à proximité de l’agence principale devront développer de profondes synergies avec Virtua. Cette dernière doit aussi pouvoir «intégrer» une partie de l’innovation qui naît dans ces sociétés pour la transmettre à ses propres clients», explicite Steve Savioz.

Née d’un projet interne, la société Euranka en constitue un bon exemple. La jeune pousse est très pointue dans l’acquisition de trafic – par exemple en générant un classement très prisé – et la revente de ce trafic aux acteurs concernés. D’autres sociétés suivront. «C’est vraiment un changement de philosophie, aussi du point de vue des ressources humaines. Certains collaborateurs de Virtua ont envie de développer leurs propres idées et nous pourrons ainsi les accompagner sur le chemin de la création d’entreprise, tout en retirant des bénéfices pour l’agence», est convaincu Steve Savioz.

Dans l’idéal, la PME vaudoise aimerait regrouper ses activités dans un lieu unique. Mais là, sur le schéma du directeur général, le cercle est moins précis. Réunir cet univers web sous le même toit est de la musique d’avenir. «Nous sommes autofinancés, et il est clair qu’un tel projet immobilier nécessiterait l’apport de capitaux extérieurs», conclut-il.

«Un site devrait être refondu au maximum tous les cinq ans,car Internet bougetrès vite»

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