Marketing

L’agence vaudoise Virtua rachetée par un groupe français

Le spécialiste français des services informatiques Smile renforce sa présence en Suisse. Virtua, basée à Morges, était «devenue trop petite pour les grands et trop grande pour les petits»

L’agence de communication numérique Virtua, basée à Morges, est rachetée par le groupe Smile. Le montant de l’opération n’a pas été communiqué. Le spécialiste français des services informatiques en open source pèse quelque 84 millions d’euros de chiffre d’affaires (98 millions de francs). Depuis juin, il est en mains de la société d’investissement Eurazeo PME, cotée dans l’Hexagone.

C’est le directeur de la filiale genevoise de Smile, Christophe Pellier, qui dirigera la nouvelle entité, qui conservera le nom de Virtua. Un nom qu’elle porte depuis sa création en 1998. Aucun licenciement n’est annoncé. Les dix employés de Smile en Suisse rejoindront la soixantaine de spécialistes de la «communication digitale» et du développement web de l’agence vaudoise, dans ses bureaux de Morges.

Nouvelles voies de croissance

Ce transfert s’inscrit dans un marché de plus en plus compétitif pour les agences de communication. Cofondateurs de Virtua, Yannick Burky et Marcel Prisi admettent un «fléchissement» du chiffre d’affaires par rapport aux 15 millions de francs de 2014. «Depuis deux ou trois ans, nous nous demandions comment nous allions faire pour grandir et nous solidifier», complète Yannick Burky, qui voit dans Smile un «choix logique».

Le groupe français entrait, sur certains appels d’offres, en concurrence avec Virtua avec qui il partageait des clients, notamment Nestlé, les Transports publics lausannois ou Swatch. Avec ses 1200 employés, Smile offrira – selon Yannick Burky – une nouvelle force de frappe et un «réseau de compétences complémentaires» dans l’open source, l’e-commerce, le Big Data ou l’Internet des objets. Des outils marketing qui devraient intéresser le commerce de détail, parie celui qui assure aussi la direction opérationnelle de l’agence par intérim.

Trop petits pour les grands et inversement

Virtua était l’une des dernières grandes agences numériques de Suisse romande. La seule à figurer dans le top 10 du classement établi par l’association Leading Swiss Agencies (LSA), qui regroupe les agences de communication et de médias. «Nous étions devenus trop petits pour les grands et trop grands pour les petits», admet Yannick Burky. Au tournant du millénaire, «il y avait beaucoup d’agences locales. Ces concurrents ont aujourd’hui disparu», ajoute Marcel Prisi.

Yannick Burky et Marcel Prisi reconnaissent des difficultés à la suite de l’arrivée sur le marché de grands groupes français comme Wide ou Havas avec des «stratégies agressives» en matière de prix et d’acquisitions. Il y a un an, l’ancien codirecteur de Virtua Damien Fournier était recruté par la filiale genevoise de Havas. Le groupe français de conseil en communication (2 milliards de francs de chiffre d’affaires) avait admis de «gros investissements» pour développer ses activités depuis le bout du lac.

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Les deux cofondateurs n’auront plus aucune fonction dans Virtua. Mais ils restent ouverts à une éventuelle collaboration future avec l’agence. Ils affirment par ailleurs s’être assurés que l’acheteur ne va pas «dénaturer» l’agence.

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