Horlogerie

L’Aiguille d’or revient à la «jeune et très vieille marque» Ferdinand Berthoud

Relancée l’an dernier par le patron de Chopard, Karl-Friedrich Scheufele, la marque a reçu le prix le plus prestigieux du Grand prix d’horlogerie de Genève, jeudi soir

L’espace d’un soir, l’horlogerie suisse a mis de côté ses difficultés sur les marchés. Quelque 1300 invités étaient réunis jeudi soir au Théâtre du Léman pour la 16e édition du Grand prix d’horlogerie de Genève (GPHG).

Au terme de deux heures d’une cérémonie animée par le tandem Frédéric Beigbeder et Gaspard Proust, c’est la marque Ferdinand Berthoud qui a reçu l’Aiguille d’or, avec son modèle Chronomètre FB1. «Je n’aurais jamais imaginé monter sur scène pour recevoir un prix pour une autre marque que Chopard», a lancé Karl-Friedrich Scheufele, aussi ému qu’incrédule, alors que Chopard avait placé cinq montres, parmi les 72 finalistes du GPHG.

La renaissance de la «jeune et très vieille marque» Ferdinand Berthoud découle d’un coup de cœur puis de son rachat, il y a dix ans, par le patron de Chopard. Les modèles présentés l’an dernier sont largement inspirés des chronomètres de marine qui ont fait la renommée de cet horloger du XVIIIe siècle.

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En début de soirée, une autre jeune et vieille marque, Czapek, ressuscitée en 2015 grâce à une campagne de financement participatif, a remporté le prix du public. Les frères Grönefeld, qui ont repris en main la marque éponyme il y a huit ans ont, eux, reçu le prix de la montre homme. C’est leur deuxième récompense au GPHG, après 2014. Enfin, Maximilian Büsser et son projet MB&F ont également été primés dans la catégorie des calendriers.

Des doublés et des habitués

Parmi les autres lauréats figurent aussi des marques incontournables. TAG Heuer (prix revival), Tudor (prix de la petite aiguille), Audemars Piguet (prix de l’exception mécanique) ou Piaget, l’une des marques les plus fidèles au GPHG puisqu’elle concourait pour la 16e fois cette année.

Son patron, Philippe Leopold-Metzger, est même monté deux fois sur la scène en moins de quinze minutes, puisque la marque du groupe Richemont signe un doublé (montre dame et métiers d’art). La soirée a aussi été marquée par un autre doublé, celui de Girard-Perregaux.

Ne pas lutter sur les prix

Dans le flot de discours convenus, certains ont voulu faire passer un message. Le ministre genevois de l’Economie Pierre Maudet a assuré aux horlogers qu’ils avaient «le soutien des autorités». Un soutien qui se matérialise via «la fiscalité, l’accès à l’emploi et la formation aux métiers d’exception», comme dans la reconnaissance prochaine d’un CFC d’émailleur.

Le patron d’Audemars Piguet, François Bennhamias, a appelé à l’unité dans le secteur. Il a aussi et surtout tenu à répondre à ceux qui jugent que l’horlogerie suisse se trompe, en ne proposant pas assez de montres d’entrée ou de milieu de gamme, bref, des montres de volumes. Face à la concurrence internationale, «si nous essayons de lutter sur les prix, nous pouvons tous rentrer à la maison et faire autre chose».

Le prix de la FB1 de Ferdinand Berthoud est affiché à 212 000 francs. La Royal Oak Concept Supersonnerie d’Audemars Piguet vaut 561 600 francs.

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