La Journée mondiale du lait de la Fédération laitière internationale (IDF), le 1er juin, était placée sous le signe du développement durable. L’IDF s’était donné pour objectif de mettre en valeur les efforts mondiaux entrepris par l’économie laitière en vue de réduire l’empreinte écologique de la branche au moyen d’innovations et de changements apportés à la production. Les exemples présentés provenaient d’Allemagne, des Etats-Unis et d’Inde.

Les avantages qualitatifs de l’approche durable

Chez nous, l’organisation des producteurs laitiers suisses, Swissmilk, a abordé la question de la durabilité il y a plusieurs années déjà. Et en comparaison internationale, le niveau suisse est élevé, selon l’association. Avec la norme de production «Swissmilk green» lancée en 2019, Swissmilk tente de placer la barre encore plus haut. Ce nouveau label caractérise un lait produit en Suisse au plus près de la nature et conforme au développement durable. Les producteurs qui souhaitent apposer sur leurs articles la marque reconnaissable à sa croix suisse, son bidon à lait et sa base verte doivent remplir dix exigences de base et deux exigences supplémentaires (voir encadré) qui visent le bien-être animal, le fourrage, ou encore une réduction de l’usage d’antibiotiques.

Les normes du lait suisse durable fixées par le secteur laitier sont facultatives. Mais au vu de la demande croissante du consommateur, de plus en plus de producteurs orientent leurs exploitations dans ce sens. Du côté des entreprises qui transforment le lait, les portes leur sont largement ouvertes. «Le nouveau standard de durabilité reprend de nombreuses exigences que nous avions formulées il y a quelques années», constate Gerold Schatt, responsable durabilité du groupe Emmi. Les produits laitiers, aliments à forte valeur, sont pour lui déclencheurs d’effets sur l’environnement qui tiennent en grande partie à la production du lait. «C’est donc là qu’un engagement crédible à long terme envers la durabilité doit naître», professe-t-il. Le plus grand transformateur de lait suisse voit en outre dans le lait durable une valeur ajoutée évidente, que ce soit du point de vue éthique, social ou écologique. En plus, ce produit présente selon Emmi des avantages qualitatifs, du fait d’un recours particulièrement prudent aux antibiotiques et, surtout, d’un fourrage adapté aux animaux. «Il est scientifiquement établi qu’une plus grande proportion de fourrage brut influence la teneur en acides gras mono- et polyinsaturés», relève Gerold Schatt.

En 2023, il n’y aura plus que du lait durable 

En conséquence, Emmi, en Suisse, mise entièrement sur la nouvelle norme. A la fin 2020, 93% du lait traité par les transformateurs suisses, hors lait bio, répondaient aux critères du nouveau standard de la branche. Les autres exploitations qui les approvisionnent sont en cours de conversion. Enfin, le groupe Emmi entend ne plus acheter que du lait certifié durable à partir de l’automne 2023. La transition sera récompensée: les producteurs suisses de lait obtiendront un supplément de 3 centimes par kilo pour le lait satisfaisant à la nouvelle norme. De manière générale, selon Emmi, les prix du lait en Suisse n’ont cessé d’augmenter au cours des cinq dernières années, tandis qu’au sein de l’Union européenne, ils baissaient. Aujourd’hui, la différence avec l’étranger est de 25 centimes par kilo. «La durabilité est un argument qui a contribué à creuser l’écart, qui le justifie et le maintient», explique Gerold Schatt.

Un supplément de 3 centimes par kilo pour le lait satisfaisant à la nouvelle norme.

L’engagement d’Emmi pour la durabilité ne se limite pas à la Suisse. Mais la concrétisation prendra davantage de temps à l’étranger: pour ses filiales hors de Suisse, l’entreprise s’est fixé de ne plus transformer que du lait aux caractéristiques de durabilité supérieures à la moyenne d’ici à 2027. Le référentiel utilisé tiendra compte des particularités locales. Un catalogue de critères devrait être disponible courant juin de cette année, annonce le groupe, qui exploite plusieurs sites de production en Europe, en Tunisie, au Brésil et aux Etats-Unis. «D’ici à la fin de l’année, la moyenne de la branche sera élevée dans tous les pays où des filiales Emmi achètent du lait. Puis, sur cette base, les objectifs et les mesures à mettre en place pour 2027 seront définis individuellement pour chacune des filiales», annonce Gerold Schatt.


 

«Swissmilk green», les exigences à respecter:

  1. Les vaches doivent prendre l’air
  2. Chaque vache porte un nom
  3. Les jeunes veaux prennent du poil de la bête plus de trois semaines à la maison
  4. Traite deux fois par jour
  5. Règles strictes pour les expositions de bétail
  6. Pas d’abattage de vaches en gestation
  7. Utilisation réfléchie de médicaments
  8. Promotion de la biodiversité
  9. Fourrage sans OGM
  10. Sans huile de palme, ni graisse de palme

Pour répondre au standard «Swissmilk green» de la branche, les exploitations laitières doivent remplir dix exigences de base et deux exigences supplémentaires, au choix parmi plusieurs répertoriées. Le producteur ou la productrice peut ainsi choisir des mesures qui correspondent au mieux à son exploitation.