L’Allemagne n’offre aucune marge de manœuvre à la Grèce

Zone euro Athènes a fini par demander de prolonger son programme d’aide. Contrairement à Berlin, la Commission y voit un signal positif

Le bras de fer entre la Commission européenne et un groupe de pays mené par l’Allemagne engagé jeudi risque de continuer lors de la réunion de l’Eurogroupe de ce vendredi après-midi à Bruxelles.

Convoqués d’urgence pour la troisième fois en dix jours, les ministres des Finances de la zone euro débattront de la lettre que la Grèce a finalement écrite pour demander une extension du programme d’aide pour une période de six mois. L’Eurogroupe avait fixé un ultimatum à ce vendredi à Athènes pour faire la demande. Faute de quoi elle serait privée de soutien financier et, peut-être même, contrainte de quitter la zone euro. Il y a quelques jours, la chancelière allemande, Angela Merkel, avait déclaré que la zone euro pourrait gérer une telle sortie.

Pour le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, qui n’envisage pas un tel scénario, la lettre du gouvernement grec est «un signal positif et ouvre la voie à un compromis raisonnable dans l’intérêt de la stabilité». Cet avis n’est pas partagé par l’Allemagne. «La Grèce cherche à obtenir un financement relais, sans remplir les exigences du programme», a déclaré jeudi le porte-parole du ministre des Finances, Wolfgang Schäuble.

Une première confrontation a déjà eu lieu lors de l’Eurogroupe de lundi. Le projet d’accord préparé par la Commission était acceptable pour les Grecs, mais c’est celui de l’Eurogroupe, plus rigoureux, qui a été mis sur la table.

Pas de mesure unilatérale

En réalité, Berlin souhaite que le gouvernement grec fasse une demande d’extensionpure et simple de l’accord signé en 2012. Elle ne lui offre aucune marge de manœuvre pour introduire des mesures promises pendant la campagne électorale en décembre.

Pourtant, dans sa lettre, le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, s’engage à respecter l’équilibre budgétaire. Toute nouvelle dépense – le gouvernement s’apprête à voter vendredi des mesures sociales – sera financée par de nouveaux revenus. Selon le ministre, le financement relais permettra au gouvernement de travailler sur un «Nouveau contrat pour la reprise et la croissance» pour la période 2015-2019, en consultation avec les partenaires européens et le FMI. Il y promet aussi le remboursement de toutes les créances. Un comité technique s’est penché hier sur les engagements grecs.