En Europe aussi, la volonté de réguler le trading à haute fréquence s’accélère. Et l’Allemagne pourrait jouer le rôle de précurseur. Un projet de loi, susceptible d’être voté dès cet automne à Berlin, vise à placer les courtiers utilisant des algorithmes ultrarapides sous la surveillance spéciale du régulateur financier (BaFin) et à mettre en place des «coupe-circuits» en cas de volatilité inhabituelle sur les marchés, a rapporté Reuters jeudi.

De son côté, la Commission européenne a présenté en novembre 2011 des propositions de révision de sa directive sur les marchés d’instruments financiers (MiFID). Elle prévoit notamment que «tous les opérateurs qui effectuent du trading algorithmique fassent l’objet d’une régulation appropriée, qu’ils fournissent un certain niveau de liquidité et qu’ils ne puissent renforcer la volatilité par des mouvements d’entrée et de sortie de marchés».

Une demi-seconde minimum

Pour le député européen allemand Markus Ferber, les mesures de la Commission ne sont toutefois pas assez strictes. En tant que rapporteur spécial sur MiFID, il a donc soumis fin mars au Parlement européen quelques dispositions supplémentaires. Il prône, par exemple, la mise en place de frais additionnels pour les ordres annulés et l’instauration d’un système d’arrêt automatique des transactions lorsqu’elles deviennent désordonnées.

Contacté vendredi, Markus Ferber propose que «les ordres introduits en bourse aient un temps de latence minimum de 500 milli­secondes avant de pouvoir être annulés». Une durée qui, selon lui, permettrait d’éviter que des ordres soient envoyés en quantité dans le simple but de faire évoluer les cours, sans jamais être exécutés. Pour l’heure, le projet de révision de la directive MiFID est analysé en parallèle par le Parlement et le Conseil européens. Les deux chambres devraient négocier le projet définitif dans le courant de l’été. Si la date d’entrée en vigueur de cette directive reste floue, Mark Ferber se réjouit des avancées observées du côté allemand. «Elles rapporteront certainement des voix de notre côté lorsqu’il s’agira de voter au niveau européen», conclut-il.