C’est confirmé. Le moteur économique européen se dirige vers la récession. Au premier trimestre, l’Allemagne a vu sa croissance chuter de 2,2%, soit «de loin le plus fort recul enregistré depuis le premier trimestre 2009 et le deuxième depuis la réunification allemande», selon l’institut fédéral de statistiques Destatis. Ces chiffres ne prennent toutefois en compte que le premier mois de crise, à savoir celui de mars. Berlin table sur un recul de 10% de son produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre.

Contrairement à la crise de 2008, celle-ci touche l’ensemble des secteurs économiques, avec en première ligne l’industrie automobile. «Les immatriculations de voitures neuves en Europe occidentale ont baissé de 80% en avril et de 50% en mars» confirme au Temps Hildegard Müller, la nouvelle présidente de la puissante Fédération de l’industrie automobile (VDA). «75% de notre production est exportée, précise-t-elle. Cela montre l’étendue de cette crise pour l’économie, les entreprises et pour les salariés de ce secteur. Les prochains mois montreront à quelle vitesse la reprise de l’économie allemande commence et quels seront les effets de la crise à moyen et long terme.»