Trois mousquetaires à l’assaut du système de santé américain: les hommes d’affaires Warren Buffett (Berkshire Hathaway), Jeff Bezos (Amazon) et le banquier Jamie Dimon (JPMorgan Chase) viennent de sceller une alliance inédite pour fournir à leur 1,1 million d’employés «des services de santé abordables». Pour ce faire, ils ont annoncé mardi la création d’une société «indépendante et à but non lucratif».

«L’objectif est d’améliorer la satisfaction des employés et de réduire les coûts», soulignent-ils dans un communiqué, qui reste flou sur les détails concrets de l’opération. «Aussi difficile que ça puisse être, réduire le fardeau de la couverture santé tout en améliorant les revenus des employés et de leur famille en vaut la peine», précise le patron d’Amazon.

«L’appétit d’un ver solitaire»

«Les coûts colossaux des soins médicaux agissent comme un ver solitaire affamé sur l’économie américaine, déclare de son côté Warren Buffett. Notre groupe ne vient pas avec des réponses à ce problème. Mais nous ne l’admettons pas non plus comme inévitable. Au contraire, nous partageons la conviction que le fait de mettre nos ressources collectives derrière les meilleurs talents du pays peut, avec le temps, permettre de contrôler l’augmentation des coûts de la santé tout en améliorant simultanément la satisfaction des patients et les résultats.»

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L’irruption de ces grands patrons dans le secteur vient bouleverser le marché de la santé. Elle intervient en plein débat sur l’explosion des prix des médicaments aux Etats-Unis, et surtout alors que Donald Trump tente, sans succès, de faire abroger l’Obamacare par le Congrès et de le remplacer par un nouveau système de santé, laissant des millions d’assurés dans l’incertitude.

La crainte de voir apparaître Amazon sur ce marché sclérosé – des rumeurs bruissaient depuis quelque temps déjà – a eu pour effet de faire plonger certaines actions. Celles des assureurs maladie CVS et UnitedHealth ont chacune chuté de près de 6% à l’annonce de la nouvelle alliance, tandis que celle d’Aetna a baissé d’environ 3%. Mais pour le patron d’Allergan, le laboratoire pharmaceutique américain qui commercialise notamment le Botox, il s’agit plutôt d’une bonne nouvelle. «Le système de prestations des soins est archaïque et a absolument besoin d’une disruption positive. Mon espoir est que ces trois compagnies fassent des étincelles», a-t-il relevé à l’antenne de CNBC.