L’ambition de DSK dans la finance est brisée

Fonds L’ex-patron du FMI doit affronter la quasi-cessation de paiement de la structure LSK

Dominique Strauss-Kahn est en train de sérieusement revoir à la baisse ses ambitions financières. Selon l’AFP, l’ancien patron du FMI et ancien ministre français des Finances serait en train d’abandonner le projet de fonds d’investissement LSK qu’il avait constitué avec son associé Thierry Leyne. DSK aurait renoncé, voici quelques jours déjà, à la présidence de ce fonds dont une bonne partie des opérations sont basées à Genève comme Le Temps l’avait révélé le 15 mai dernier. «M. Strauss-Kahn a souhaité pouvoir se consacrer à ses autres activités», annonce un communiqué de LSK, en écho à un article du Parisien ce mardi sur les «gros tracas» de DSK. «Depuis une dizaine de jours, Dominique Strauss-Kahn était inquiet, indique le quotidien. Il venait, semble-t-il, de découvrir que son principal associé lui avait caché des choses graves sur leurs affaires communes.» Thierry Leyne s’est suicidé jeudi dernier à Tel-Aviv en se jetant d’une des plus hautes tours de la ville.

L’ancien patron du FMI, devenu un conférencier recherché après le scandale du Sofitel de New York survenu le 14 mai 2011, avait des plans très ambitieux pour LSK. Un site internet dudit fonds avait été aussitôt mis en ligne – seule la home page était accessible ce mercredi – annonçant des opérations basées en outre à Monaco, au Luxembourg et en Israël. Un montant d’avoirs sous gestion de 2 milliards de dollars avait même commencé à circuler. Une structure de gestion de fortune, Assya Asset Management, destinée à se focaliser sur des clients apportant un minimum de 20 millions d’euros, constituait le fer de lance de l’opération.

Avenir compromis

Cette ambition apparaît aujour­d’hui en miettes. Simultanément au suicide de son associé, DSK doit faire face aux conséquences judiciaires de la mise en procédure de «sursis de paiement» de la société Assya par la justice luxembourgeoise, pour non-paiement de 2 millions d’euros dus, le 3 octobre, à l’assureur Bâloise Vie Luxembourg. Le conseil d’administration de LSK a désigné Michel Jollant, directeur financier, comme son nouveau président, mais l’avenir de la société paraît sérieusement compromis et l’homme politique français n’entend plus y être mêlé.

Une explication avancée par Le Parisien, sans être confirmée, serait la découverte tardive, par DSK, des liens problématiques entre Thierry Leyne et des financiers russes, en pleine période de sanctions internationales contre la Russie de Vladimir Poutine. «Selon certaines rumeurs, Leyne aurait levé des fonds auprès de ressortissants d’Europe de l’Est, notamment russes, qu’il n’était pas en mesure de rembourser. Il aurait été ensuite pris dans une terrifiante spirale», écrit Le Parisien.