L’humanitaire 2.0, venu des Etats-Unis, débarque à Genève. WeRobotics, organisation non gouvernementale (ONG) fondée à Washington il y a un peu plus d’un an, a officiellement pris ses quartiers dans le périmètre de Rive. Motif de cette nouvelle implantation: lever des fonds de ce côté-ci de l’Atlantique et lancer de nouveaux projets en se servant notamment du biotope onusien du bout du lac et des institutions basées à Bruxelles. «Nous sommes une jeune entité, mais nous essayons de nous étendre assez rapidement», confie Adam Klaptocz, cofondateur de la jeune pousse à but non lucratif.

Plusieurs centaines de milliers de francs récoltés

Pour l’heure, WeRobotics emploie quatre salariés à Genève, contre une dizaine dans le monde. La nouvelle structure helvétique espère recruter jusqu’à 5 personnes supplémentaires, d’ici à la fin de cette année. La mission de cet appui humanitaire atypique: révolutionner la gestion de crises et mûrir des projets de bien être social ou économique au sein des communautés les plus pauvres de la planète. Pour ce faire, WeRobotics a déjà récolté plusieurs centaines de milliers de francs auprès de la Fondation Rockfeller, l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) et d’autres donateurs ou investisseurs.

Des «laboratoires volants»

Son concept phare? Déployer des «laboratoires volants» dans les pays en développement, les équiper de drones, de robots terrestres, marins et sous-marins, pour livrer des marchandises ou effectuer des travaux de cartographie. Le tout, via des logiciels adossés à de l’informatique en nuage. L’ONG – dorénavant américano-suisse – entend également jouer un rôle d’incubateur local aux entreprises des pays en développement, pour les aider à déployer des technologies de quadricoptères, notamment. «Notre but est aussi de servir de plaque tournante de la robotique dans les régions qui n’ont pas les moyens de développer ce type d’outils», relève Adam Klaptocz.

Le premier laboratoire WeRobotics a été lancé au Népal. Son mandat consiste par exemple à soutenir des travaux de reconstruction post-séisme, effectuer des recherches sur le climat et étudier l’évolution des glaciers. D’autres laboratoires volants ont depuis vu le jour en Tanzanie et au Pérou. Prochaine étape immédiate: monter une autre officine en Amazonie.