Immunologie

L'américaine Incyte construira une usine à Yverdon

La société veut produire des anticorps monoclonaux destinés à traiter certains cancers. Près de 130 nouveaux emplois seront créés dans le Nord vaudois

A peine arrivée à la tête du parc technologique d’Y-Parc, la nouvelle directrice, Juliana Pantet, peut déjà compter sur l’arrivée d’une entreprise américaine sur le site d’Yverdon-les-Bains. Le groupe biopharmaceutique Incyte, basé dans le Delaware, prévoit d’y installer un site de production. Dès mars 2018, une équipe de 70 personnes rejoindra temporairement un bâtiment du parc, avant d’emménager sur un terrain de 21 000 mètres carrés, acheté par Incyte.

Le permis de construire pourrait être accordé en janvier 2018. Le groupe prévoit d’y construire un centre administratif ainsi qu’une usine où seront fabriqués des anticorps monoclonaux – anticorps tous identiques produits par un clone de cellules spécialisées du système immunitaire – et des principes actifs destinés à traiter certains cancers. «Le coût de cette opération devrait se chiffrer à plus de 100 millions de dollars», a annoncé mardi, lors d’une conférence de presse, le Français Hervé Hoppenot, directeur général d’Incyte.

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Dans un deuxième temps, l’entreprise qui a déjà réservé 46 000 mètres carrés supplémentaires, envisage d’accroître ses activités et de doubler les effectifs à près de 130 personnes. «Ce seront de nouveaux emplois pour la région», se réjouit Juliana Pantet qui a participé aux négociations des derniers instants pour faire venir cette entreprise.

Siège européen à Lausanne

Le groupe américain n’est pas nouveau dans la région lémanique. Fondée en 1991, l’entreprise qui compte 1100 collaborateurs à travers le monde, avait déjà ouvert un siège européen à Genève en 2015. Puis, avec le rachat de la société Ariad Pharmaceutical, basée sur le Biopôle d’Epalinges (VD), le siège d’Incyte a été déplacé dans la capitale vaudoise où le groupe compte déjà quelque 70 collaborateurs.

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Les anticorps monoclonaux produits à Yverdon-les-Bains seront expédiés dans d’autres sites en Europe et aux Etats-Unis pour produire des traitements. «Nous disposerons de deux bioréacteurs, capables de multiplier des cellules-mères», explique Michael Morrissey, vice-président chez Incyte, qui espère en posséder jusqu’à six.

Le gouvernement vaudois se réjouit de cette implantation qui vient renforcer la position du canton de Vaud au sein de la Health Valley. «Notre canton compte déjà 360 entreprises et 400 instituts et laboratoires dans le domaine des sciences de la vie, représentant plus de 20 000 emplois, a noté Philippe Leuba, conseiller d’Etat vaudois. L’écosystème vaudois des sciences de la vie permet d’attirer de nouvelles sociétés.»

Du mélanome au cancer gastrique

Actif dans le domaine de l’immunothérapie, le groupe Incyte cherche de nouveaux moyens pour rééduquer le système immunitaire à stopper le développement de certains cancers. Parmi les différents traitements d’Incyte, cinq d’entre eux se trouvent en phase II et III, alors que treize produits se situent en phases précliniques.

Parmi les traitements les plus en amont, la société développe des thérapies contre le cancer gastrique, le cancer de la vessie, le lymphome et le mélanome. «Le traitement contre le mélanome pourrait entrer sur le marché en 2019», prévoit Hervé Hoppenot sans vouloir toutefois donner de faux espoirs aux personnes malades.

Coté au Nasdaq, la bourse américaine des valeurs technologiques, le groupe Incyte a réalisé, au cours des neuf premiers mois de l’année, un chiffre d’affaires de 1 milliard de dollars. La société commercialise notamment une molécule qui inhibe une protéine anormalement exprimée dans la leucémie myéloïde chronique. Elle touche également des royalties sur des produits commercialisés par Eli Lilly et Novartis.

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