Les opérateurs craignent que la forte correction boursière attendue à Wall Street depuis des mois finisse par se déclencher au cœur de l'été lorsque les volumes d'activité sont moins importants. L'économie américaine envoie en effet l'un après l'autre des signaux qui pourraient fort bien être interprétés par la Réserve fédérale (Fed) comme les premières marques d'une surchauffe, et l'inciteraient à relever encore un fois ses taux pour contrecarrer des risques inflationnistes. Une telle hausse risque fort de donner un coup de frein à l'économie et de porter un coup fatal à une Bourse américaine surévaluée.

La Fed a déjà augmenté ses taux d'un quart de point le 30 juin, et les chances d'une nouvelle hausse lors de sa prochaine réunion le 24 août sont de plus en plus probables.

Vendredi, le gouvernement a annoncé pour juin une hausse de 0,7% des revenus des ménages américains, la plus importante accélération depuis sept mois. Les revenus conditionnent directement la consommation future, l'un des principaux moteurs de l'économie, et laissent présager d'une demande toujours soutenue. Dans le même temps, les dépenses de consommation étaient en hausse de 0,3%, tandis que le taux d'épargne était toujours négatif à –1%. Jeudi, l'indice des coûts salariaux affichait une accélération surprise de 1,2% au deuxième trimestre – la plus forte depuis la même période en 1991 – contre seulement 0,8% attendu par les analystes. Seul chiffre annonciateur d'un ralentissement, la croissance au second semestre, de 2,3% contre 4,3% trois mois auparavant, était minimisée par les économistes, car due essentiellement à des écoulements de stock.