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"L'ampleur du problème a mal été évaluée"

Questions à Stéphane Garelli, auteur du rapport de l'Institute for Management Development sur la compétitivité mondiale.

Stéphane Garelli, qui vient de sortir le rapport sur la compétitivité mondiale dans le cadre de l'Institute for Management Development (IMD) à Lausanne, s'exprime à propos du problème de la pénurie des informaticiens (Le Ternps du 24 avril), un phénomène qui n'est pas à prendre à la légère .

Le Temps: Est-ce qu'un tel manque peut être pénalisant pour une entreprise, voire une économie prise dans son ensemble?

Stéphane Garelli: Il s'agit en effet d'un facteur extrêmement pénalisant Pour preuve, on peut citer les efforts de Microsoft France qui vient de créer un diplôme d'informaticien Microsoft, reconnu par le gouvernement, dans le but de former le plus grand nombre possible de personnes qualifiées. L'entreprise SAP en Allemagne, qui éprouve les mêmes problèmes, offre aussi des filières de formation reconnues. A mon avis, en Europe, les raisons de cette pénurie d'informaticiens viennent de l'introduction de l'euro et du passage à l'an 2000. Ces deux problèmes conjugués vont mobiliser 25% des ressources des entreprises dans les deux ans à venir. Face à cette explosion des besoins, les compagnies essaient aujourd'hui de mettre sur pied des programmes accélérés.

- On aurait donc mal anticipé ces besoins?

- Pour ce qui est de l'an 2000, qui va obliger les sociétés européennes à investir un montant total de l'ordre de 150 milliards de dollars, il est clair que l'ampleur du problème a mal été évaluée. Mais il y aussi un autre phénomène qui tient à l'introduction de systèmes informatiques aux applications de plus en plus complexes, comme par exemple la planification des ressources d'entreprise. Les conséquences sont qu'en augmentant le degré de complexité de ces nouveaux outils, on rehausse les qualifications nécessaires pour les maîtriser. Alors faute de trouver les bonnes personnes, les entreprises sont bien obligées de les former, sans productivité immédiate. C'est pour cette raison que certains observateurs estiment que l'euro et le passage à l'an 2000 pourraient déclencher un ralentissement de la reprise économique.

- Mais peut-on encore justifier de tels investissements financiers en outils informatiques par des gains de productivité?

- Je pense que les entreprises n'ont pas à se poser la question car on parle ici de critères de performance et de qualité imposés par les consommateurs. C'est un peu comme le certificat de qualité ISO il y a quelques années. Les entreprises qui ne voulaient pas s'y mettre, ont été contraintes de suivre la démarche pour éviter que leur clientèle ne commence à les bouder. L'interconnexion des réseaux exige également que tous les intervenants aient un même degré de sophistication, ce qui est une contrainte supplémentaire pour les entreprises et leurs fournisseurs.

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