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L’analyse de données comme vecteur de croissance en finance

Le cabinet d’audit Ernst & Young a effectué un sondage auprès de 150 prestataires de services financiers mondiaux dans la banque, l’assurance et la gestion d’actifs. Réalisé entre août et septembre 2014, et complété d’entrevues qualitatives avec des dirigeants, le sondage visait à cerner le rôle des données et de l’analyse dans les activités de ces sociétés ainsi que l’ampleur de leurs investissements. Les entreprises étaient réparties équitablement entre l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie.

Les principales conclusions sont les suivantes:

Les sociétés de services financiers à forte croissance (i.e. croissance de l’EBITDA d’au moins 15% ces deux dernières années) sont plus de deux fois plus nombreuses que celles à croissance plus faible à estimer excellentes leurs aptitudes à analyser des données à des fins de veille concurrentielle.

Elles sont deux fois plus susceptibles de se concentrer sur des données et des analyses dans des secteurs générateurs de revenus.

Seules 7% des sociétés de services financiers déclarent disposer de suffisamment d’analystes de données.

Si 83% des dirigeants déclarent que les données constituent le bien le plus stratégique de l’entreprise, 47% des sociétés ne maîtrisent pas parfaitement cet atout. Les sociétés à forte croissance sont les plus enclines à optimiser leur potentiel en matière de données, selon l’enquête intitulée The Science of Winning in Financial Services.

Plus d’un quart des sociétés à forte croissance se qualifient elles-mêmes d’«excellentes» dans l’extraction d’éléments qui les rendent plus concurrentielles et performantes, contre 12% seulement pour les sociétés à faible croissance. 35% des sociétés à forte croissance déclarent avoir une «parfaite maturité» pour réaliser cette tâche.

Vu l’impact grandissant du numérique dans les services financiers, la capacité à gérer et analyser les données procure un avantage concurrentiel important.

Cette exploitation implique bien évidemment des investissements technologiques et des coûts supplémentaires. Les sociétés à forte croissance sont plus susceptibles d’accroître leurs dépenses dans des secteurs comme la gestion du changement ainsi que le personnel et les compétences. 24% des sociétés à forte croissance prévoient d’augmenter leurs dépenses d’au moins 20% dans ces deux secteurs au cours des deux prochaines années, contre seulement 7% des sociétés à faible croissance.

Le marketing est la fonction qui va le plus bénéficier de l’analyse de données. Selon l’étude, dans les sociétés à forte croissance les meilleures fonctions d’analyse sont réparties entre la vente (24%), la finance (22%) et le marketing (14%), alors qu’elles se concentrent sur la finance dans les autres entreprises. Les efforts d’analyse portent sur les opportunités nouvelles et visent à augmenter les revenus en exploitant les données clients. L’élaboration d’une stratégie d’analyse des données peut aider les entreprises à déterminer dans quelle mesure l’information peut créer de la valeur pour la société, mais aussi, et de plus en plus, pour le client connecté.

Quatre sociétés sur dix ont nommé un agent responsable des données; toutefois, elles peinent à intégrer des scientifiques compétents dans leurs équipes. Seules 7% des sociétés interrogées ont déclaré compter suffisamment d’analystes de données. Cette pénurie est partiellement imputable à la nécessaire combinaison de compétences en science des données et d’expérience de son application commerciale. Malgré des salaires compétitifs dans les services financiers, d’autres secteurs restent concurrentiels, notamment l’industrie de la haute technologie.

Les deux obstacles pour l’optimisation de l’utilisation des données sont les questions de réglementation (43%) et les restrictions en matière de protection des données (36%). Une société sur cinq (21%) s’attend à une hausse de 20% des dépenses liées à la protection des données dans les deux prochaines années; 15% s’attendent à devoir investir ce montant dans la gouvernance et la surveillance.

Elles sont moins nombreuses à prévoir de telles hausses des investissements liés aux données dans le personnel (11%), la gestion du changement (13%) ou la technologie (13%).

De nombreuses sociétés de services financiers utilisent principalement l’analyse de données pour la gestion du risque et les questions réglementaires, plutôt que comme un potentiel de croissance à exploiter. Développer une croissance fondée sur l’analyse nécessite d’adopter une approche systématique d’amélioration des capacités à l’échelle de l’entreprise tout en assurant le respect des normes.

* Partner responsable du siège d’EY Genève** Partner responsable du pôle de compétences Banque Privée d’EY à Genève

Le marketing est la fonction qui va le plus bénéficier de l’analyse de données