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La blockchain d’EOS consomme moins d’énergie et permet davantage de transactions que le protocole ethereum.
© VALENTIN FLAURAUD / Keystone

Cryptovalley

Lancement d’EOS: la guerre des blockchains a commencé

La nouvelle chaîne de blocs EOS apporte une alternative à ethereum sur le marché des smart contracts

A l’heure où ces lignes sont publiées et après une série de faux départs, on devrait avoir assisté au lancement du protocole EOS, une nouvelle blockchain créée en 2017 par un groupe de vétérans de l’industrie permettant de faire tourner des applications décentralisées à grande échelle. Au fil d’une ICO (Initial Coin Offering) qui s’est étendue sur un an, le projet EOS a réuni un trésor de guerre de 4,2 milliards de dollars (4,12 milliards de francs), ce qui lui assure une viabilité à très long terme. Pour prendre la mesure de cette somme, seules deux IPO ont récolté plus d’argent dans le monde en 2017. C’est aussi la première fois qu’ethereum se trouve face à un concurrent direct sérieux: la bataille pour la domination du marché des smart contracts a commencé.

Ethereum a été le premier à offrir la possibilité de développer des smart contracts et cette blockchain représente aujourd’hui la deuxième plus grande capitalisation après le bitcoin. Mais le protocole ethereum présente de nombreuses failles: le modèle de minage utilisé est trop gourmand en énergie, le temps de transaction est trop long (en moyenne six minutes) et la bande passante est trop faible (15 transactions par seconde – à titre de comparaison, le réseau VISA en permet 24 000). La pression sur le réseau va continuer à s’accroître ces prochains mois avec le lancement de plusieurs grands projets tels qu’augur, golem et mana (Decentraland), qui vont générer une augmentation sensible du nombre d’utilisateurs.

Moins d’électricité, plus de transactions

Grâce à un consensus formé par un groupe de 21 mineurs seulement, élus par la communauté, EOS permet non seulement de réduire la consommation électrique, mais également d’augmenter l’efficacité en permettant un début pouvant monter à 6000 transactions par seconde. Le projet a aussi pour ambition de révolutionner l’expérience utilisateur, en offrant la possibilité de créer un compte comprenant un nom d’utilisateur et un mot de passe, que l’on pourra récupérer en cas d’oubli. Ethereum, de son côté, ne met à disposition qu’une longue clé chiffrée (par exemple «3a1076bf45ab87712af64ccb3b10217737f7faacbf2872e88fdd9a537d8fe266») qu’il faut conserver précieusement, faute de quoi les fonds détenus deviennent inaccessibles et il n’y a aucun moyen d’en reprendre possession.

Nouvelle maturité

A beaucoup d’égards, l’arrivée d’EOS sur le marché fait penser à la guerre des systèmes d’exploitation entre Microsoft et Apple. On assiste à un débat entre les développeurs privilégiant les aspects techniques et ceux donnant une valeur plus importante à l’expérience utilisateur. Tout comme sur le marché des systèmes d’exploitation, il n’y aura probablement pas de vainqueur unique, mais les plateformes vont se différencier plus clairement l’une de l’autre, et cette compétition va permettre à l’écosystème blockchain d’atteindre de nouveaux degrés de maturité.

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