Les whistleblowers, ou lanceurs d’alerte, n’ont pas bonne presse en Suisse. Surtout après l’épisode de l’enveloppe de 104 millions de dollars versée à Bradley Birkenfeld par le fisc américain pour avoir dénoncé les pratiques illégales d’UBS aux Etats-Unis. Dans un pays où le culte du secret et la protection de la sphère privée les font passer pour de vulgaires délateurs, Luc Thévenoz, ancien membre de la Commission fédérale des banques, professe une opinion qui bouscule les idées reçues. Professeur à la Faculté de droit de l’Université de Genève et directeur de son Centre de droit bancaire et financier, il plaide pour un cadre plus clair, dans l’administration et les entreprises, permettant de protéger ceux qui donnent l’alerte de bonne foi. Car ils «jouent gros» et la Suisse est en retard dans ce domaine.

Aux Etats-Unis, pays précurseur, le fisc soigne les lanceurs d’alerte. Depuis le mois d’août, le Whistleblower Office s’est fixé de nouveaux délais pour récompenser les informateurs. Le dénonciateur peut empocher entre 15 et 30% des montants récupérés ou confisqués. En Europe, seuls cinq Etats ont une loi sur les lanceurs d’alerte, mais on n’octroie pas de prime. La Banque mondiale a de son côté ouvert une ligne directe.

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