Opinion

«Les lanceurs d’alerte ont un urgent besoin de protection»

OPINION. Sans protection des «whistleblowers», la Suisse perdra son accès au monde développé, selon Daniel Bühr, président d’Ethics & Compliance Switzerland

Les lanceurs d’alerte («whistleblowers» en anglais) jouent un rôle essentiel dans la mise au jour d’infractions telles que le harcèlement sexuel ou la criminalité économique. Dans les pays où ils sont légalement et administrativement protégés (par exemple aux Etats-Unis), ils mettent au jour quelque 70% des infractions dans les entreprises et les instances de l’Etat.

La situation légale en vigueur en Suisse est insuffisante. Le projet du Conseil fédéral visant à protéger les lanceurs d’alerte tente d’améliorer la situation. Ethics and Compliance Switzerland (ECS), une association soucieuse d’encourager l’éthique et le respect des lois dans les entreprises, a analysé la modification de la loi et la considère comme un pas dans la bonne direction. Au nombre des mérites du projet, on notera que sont formulés des processus et exigences clairs à l’intention des employeurs. Mais le projet de loi est insuffisant sur un point crucial, puisque les lanceurs d’alerte ne sont pas protégés contre les représailles, en particulier le licenciement.