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Pierin Vincenz, lorsqu'il était encore patron de Raiffeisen. 
© GIAN EHRENZELLER/Keystone

Banque

L’ancien patron de Raiffeisen, Pierin Vincenz, est en garde à vue depuis mardi

La justice zurichoise a demandé la détention provisoire de l’ex-patron de Raiffeisen, accusé de gestion déloyale.

La police zurichoise n’a pas seulement perquisitionné le domicile de Pierin Vincenz, elle a également mis mardi l’ancien patron de Raiffeisen en garde à vue. Il y a passé la nuit, rapportait jeudi matin le Tages-Anzeiger, mais pas seulement: «Le Ministère public pour les crimes économiques a déposé une demande de détention provisoire pour l’ancien président du conseil [du prestataire de services financiers Aduno] et un ancien membre du conseil d’administration», a confirmé jeudi matin une porte-parole. Selon la presse alémanique, il s'agirait de Beat Stocker, l'ancien patron d'Aduno. 

Lire aussi: Pierin Vincenz, banquier sous le «choc»

En attendant la décision, qui doit être prise dans les 96 heures, c'est-à-dire d'ici samedi matin, le banquier grison reste en détention, a ajouté la porte-parole du Ministère public, sans préciser pourquoi ces mesures de contrainte ont été demandées. Elles le sont généralement lorsqu'il y a un risque de fuite ou de collusion.

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Mercredi matin, le Ministère public zurichois annonçait avoir lancé une procédure pénale contre Pierin Vincenz pour gestion déloyale. A l’origine de cette enquête se trouvait une plainte pénale déposée en décembre par Aduno, dont il était le président jusqu’en juin dernier. Cette société zurichoise est détenue à 25% par Raiffeisen, banque que Pierin Vincenz a dirigée pendant seize ans avant de passer la main à Patrik Gisel en octobre 2015. Mercredi, la banque coopérative s’est portée partie civile, déposant également plainte contre son ancien patron. La justice enquête sur trois autres personnes, venant de l'«entourage professionnel» de Pierin Vincenz.

«Je n’ai rien fait de mal»

Ni la justice ni les parties plaignantes ne donnent de détails sur les faits reprochés au financier de 61 ans. Selon la presse, il aurait pris des participations dans des sociétés à titre personnel, avant que son entreprise ne le fasse, empochant au passage une plus-value. Une pratique – si elle est avérée – appelée front-running et interdite en Suisse. L’acquisition de Commtrain Card Solutions en 2007, par Aduno, et celle d’Investnet, par Raiffeisen, feraient ainsi partie des transactions sujettes à enquête. De son côté, le principal intéressé nie tout en bloc: «Je n’ai rien fait de mal», a-t-il déclaré mercredi, via son communicant.

Lire aussi: Pierin Vincenz, la chute du bâtisseur de Raiffeisen

La Finma avait également ouvert une enquête contre Pierin Vincenz en automne dernier, la refermant lorsqu’il a renoncé à son dernier mandat dans un établissement assujetti au gendarme des marchés suisses, celui de président du conseil de l’assureur Helvetia. L’autorité avait jugé sa procédure caduque dans la mesure où le financier n’avait plus de fonctions et s’était engagé à ne plus en prendre.

Si l'affaire est centrée autour de la personnalité emblématique de Pierin Vincenz, les médias alémaniques pointent désormais aussi Raiffeisen. Pour la NZZ, «le conseil d'administration s'est trop longtemps gardé de déranger son directeur général charismatique et tout puissant. Le contrôle, c'est bien, moins de contrôle, c'est encore mieux. C'est rétrospectivement l'impression qui domine.» Le quotidien zurichois n'épargne pas non plus l'actuel patron de la banque, Patrik Gisel, adjoint de Pierin Vincenz pendant plusieurs années, dont il semble «étonnant qu'il n'aie pas remarqué de constellations problématiques.» Raiffeisen aura en tout cas attendu le dernier moment - mercredi - pour porter plainte à son tour. 

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