Sportifs: l’ex-responsable réagit

La déferlante de noms l’a fait un peu «rugir» lundi matin, de son propre aveu. L’ancien responsable de la plateforme «sport et média» de HSBC Suisse, qui a quitté la banque en 2011 pour créer sa propre société, l’assure: «Presque la majorité des clients de cette plateforme, des sportifs notamment, et dont les noms ont été cités, nous avaient confié des fonds déclarés et avaient des situations fiscales en ordre. Beaucoup de journaux utilisent ces noms pour promouvoir leurs articles sans même connaître les dessous de l’histoire. Il y a même beaucoup d’informations fausses.»

De fait, poursuit-il, un grand nombre d’entre eux était installé en Suisse et au bénéfice d’un forfait fiscal. D’autres avaient, par exemple, une résidence fiscale à Monaco ou le statut anglais de «résident non domicilié» et étaient enregistrés dans la succursale locale de la banque et avaient aussi des comptes en Suisse, ce qui est complètement légal, le professionnalisme de l’industrie bancaire suisse étant bien en avance sur d’autres juridictions, dit-il.

«Besoin d’un savoir-faire»

«Cela n’avait donc rien à voir avec de l’évasion fiscale. Les clients avaient tout simplement besoin de structures internationales et d’un savoir-faire et d’une expérience bien particulière, que nous avions», assure le gestionnaire, qui précise «n’avoir jamais donné de conseil fiscal».

Non seulement ces sportifs étaient déclarés, mais leurs gérants de fortune le savaient. «Il était quasiment impossible de ne pas connaître ces informations», ajoute-t-il. Preuve ultime pour l’ancien responsable: «Pas un seul de nos sportifs ou célébrités n’a été accusé par les autorités fiscales de son pays d’origine. Certains pays ont réussi à les ennuyer, mais sans succès», soutient-il.

Cette plateforme multijuridiction comptait au total «plusieurs milliards sous gestion» et «une bonne centaine de clients», ajoute l’ancien banquier, qui ne donne pas de chiffres précis. La banque comptait plusieurs antennes pour cette division, en Suisse, mais aussi à Monaco, Londres, New York, Dubaï et Hongkong, par exemple, où elle effectuait un grand travail onshore.

«Oui, probablement que l’industrie bancaire suisse a eu des manquements, et probablement que HSBC aussi. Je ne veux blâmer ou blanchir qui que ce soit, certaines banques ont probablement encore des difficultés à convaincre des clients que nous sommes passés dans l’ère de la transparence fiscale. Mais il y a aussi, en très grande majorité, des banquiers intègres», reprend-il.