INDUSTRIE

Landis & Gyr Communications est séparé d'Elektrowatt

Le fabricant genevois de publiphones et de cartes à puce a terminé sa réorganisation. La partie suisse est transformée en société à responsabilité limitée pour des raisons fiscales. A l'avenir, le groupe entend miser sur une croissance faramineuse de son chiffre d'affaires

«Aujourd'hui, nous sommes totalement séparés du groupe Elektrowatt.» Trois mois après l'annonce de son rachat par un groupe d'investisseurs emmené par la société de participation américaine Texas Pacific Group (TPG), Landis & Gyr Communications (LGC), à Genève, vole de ses propres ailes (lire nos éditions du 2 avril). Depuis le 1er avril cependant, le travail n'a pas manqué: il a fallu transformer une filiale totalement intégrée dans une multinationale en société indépendante. «Nous avons progressivement mis en place les structures nécessaires à notre existence. Le transfert légal a été effectué le 20 mai dernier», explique Joël Bourez, président directeur général de LGC. «Les problèmes à régler ont été nombreux. Nous avons dû négocier le transfert des actions, des capitaux et chercher le financement de nos dettes.»

Aujourd'hui, le groupe LGC compte pas moins de 16 sociétés légales disséminées dans le monde entier. «Le statut juridique de ces dernières varie d'un pays à l'autre en fonction de nos intérêts fiscaux», décrit Joël Bourez. Ainsi, la filiale suisse de LGC, principalement basée à Genève, tout comme le siège mondial du groupe, a été transformée de société anonyme (SA) en société à responsabilité limitée (S.àr.l.) sur les conseils de «grands cabinets d'audit». Plutôt étonnant pour une entité qui emploie près de 450 personnes. Le PDG s'explique: «Il n'y a rien de dépréciatif à avoir un statut de S.àr.l. Plusieurs groupes suisses d'importance, comme Mettler-Toledo, ont récemment choisi cette structure. En ce qui nous concerne, la décision a uniquement été motivée par des raisons fiscales internationales.»

Des avantages qui ne touchent pas directement l'entité suisse, car entre les deux statuts juridiques, les différences sont minimes. Elles ne sont pas non plus flagrantes lors de la consolidation des comptes. «C'est surtout avantageux pour TPG, l'associé principal de la S.àr.l., dont le capital est de 2 millions de francs. Selon les règles fiscales en vigueur avec les Etats-Unis, LGC Suisse sera considérée, fiscalement parlant, comme étant totalement extérieure à TPG. Ce qui n'aurait pas été le cas avec une SA», précise le PDG. Avant d'ajouter: «Evidemment, en Suisse, la S.àr.l. a une moins bonne image. Mais, il ne faut pas oublier que les impôts sont, en fait, payés par les clients. Par conséquent, il est essentiel de les optimiser». Le conseil des associés de la S.àr.l. est, comme dans l'ancienne structure, présidé par Gilbert Coutau, aux côtés duquel siègent Joël Bourez, Gerhard Bohner, directeur financier de LGC, et Abel Halpern, représentant de TPG.

Un holding pour chapeauter le tout

L'ensemble de ces sociétés est chapeauté par un holding dont le capital, provenant pour la plus grande part de la société d'investissement américaine, est de 48 millions de francs. «Pour racheter LGC, en plus des fonds propres, nous avons procédé à un leverage buy-out (LBO) qui a permis de lever 155 millions de francs de fonds bancaires», poursuit Joël Bourez. Une somme importante qui a été prise en charge à parts presque égales par Credit Suisse Group et Merril Lynch. «Ce montant était nécessaire pour refinancer le fonds de roulement qui jusqu'à présent était assuré par le groupe Elektrowatt. Il nous a également permis de remplacer les crédits intersociétés par des emprunts extérieurs.» La présidence du conseil d'administration du holding sera assurée par David Bonderman, président de TPG. Joël Bourez occupera les fonctions de vice-président et d'administrateur-délégué.

Si l'opération a permis de réaliser l'indépendance, il n'en demeure pas moins que l'endettement du groupe est important. N'est-ce pas dangereux? «L'endettement est effectivement élevé. Mais nous disposons aussi de fonds propres non négligeables. Je dirais que la situation est normale après un LBO. Il n'en reste pas moins que le remboursement de nos dettes sera un défi permanent.» Quant aux coûts générés par l'ensemble des transformations, ils restent secrets: «Tout ce que je peux dire, c'est qu'ils sont importants en regard du chiffre d'affaires».

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