C’est parti. Ce lundi a démarré une phase pilote de test de l’application SwissCovid, destinée à effectuer un traçage de proximité pour combattre la propagation du virus – elle permet de contacter, de manière anonyme, des personnes croisées par une personne infectée. Collaborateurs des écoles polytechniques fédérales de Lausanne et de Zurich, militaires, personnes travaillant dans des administrations fédérales et cantonales, des hôpitaux et des cliniques peuvent télécharger l’app, qui doit être mise à disposition de tous en juin. Lundi à Berne, plusieurs responsables ont présenté SwissCovid et ont averti: la population ne connaît pas encore assez ce logiciel.

Marcel Salathé, responsable du groupe d’experts en épidémiologie numérique de la Confédération, a souligné que «la Suisse est le premier pays du monde qui a lancé une telle app en se basant sur le travail technique d’Apple et Google». Ce travail, qui permet notamment d’utiliser la technologie Bluetooth de manière continue, a lui-même été influencé par l’EPFL, qui a élaboré les bases techniques pour que les données demeurent au sein du téléphone. «Les données sensibles ne sont pas stockées dans un système central et tout risque de surveillance est exclu, a poursuivi Marcel Salathé. Apple et Google empêchent tout couplage de notre application avec des données GPS: cela doit rassurer la population.»

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Connaissances lacunaires

Pour parvenir à cet objectif, il y aura encore du travail. La Confédération a mandaté le centre de recherche Sotomo pour mener un sondage sur l’app auprès de 2819 personnes, les 29 et 30 avril. Résultats: 70% des sondés saluent la mise en service de l’application, 59% se disent prêts à l’installer mais un peu plus de la moitié de ces 59% n’est pas encore tout à fait certaine de vouloir le faire. En outre, seul un cinquième des participants au sondage sait que les données recueillies seront uniquement sauvegardées localement sur les smartphones et seulement 7% sont conscients que l’accès aux données personnelles est réservé à la personne qui a installé l’application.

Or plus la population est informée, plus il y aura de personnes qui téléchargeront l’app. «Dès que le parlement donnera son feu vert, nous démarrerons une campagne d’information», a affirmé Sang-Il Kim, chef de la transformation numérique pour la Confédération. Les responsables qui se sont exprimés lundi n’ont pas voulu dire quel sera le pourcentage idéal de la population qui devra utiliser l’app, affirmant que ce chiffre devra être le plus élevé possible. «Si nous voulons que la courbe des contaminations tombe à zéro, il est vraiment fondamental que le suivi des contacts soit le plus solide possible», a insisté Daniel Koch, délégué Covid-19 à l’Office fédéral de la santé publique.

«Pas de preuve»

SwissCovid permettra-t-elle de stopper la propagation du virus? «C’est un élément de la lutte, a répondu Marcel Salathé. Nous n’avons pas de preuve que cela peut stopper l’épidémie, nous avons des raisons solides de penser que l’application jouera son rôle, mais ce sera un outil parmi d’autres.»