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L’argent ne vaut presque plus rien mais peut-être pas pour longtemps

Son comportement est inverse à celui des obligations. Une baisse du dollar apporterait un soutien important. L’or est relativement cher par rapport au métal blanc

L’argent ne vaut presque plus rien mais peut-être pas pour longtemps

Métaux Son comportementest inverse à celuides obligations

Une baissedu dollar apporteraitun soutien important

L’argent a fortement baissé ces dernières années. Depuis avril 2011, l’once est passée de 50 dollars à 15,70 dollars. «L’or du pauvre» reste collé à son plus bas de 14,5 établi en mars dernier. Après s’être stabilisé, il est prêt à changer de tendance et peut-être même à s’envoler, estiment maintenant différents experts. L’argent pourrait en effet profiter de la baisse des obligations, du dollar et de la hausse des anticipations inflationnistes.

«Deux paramètres principaux plaident en faveur de l’argent. Le premier est le dollar et le second le ratio entre l’or et l’argent», explique Pierre Leconte, gérant indépendant et président du Forum monétaire de Genève. La baisse du dollar est un élément haussier pour l’argent comme pour les autres matières premières. Depuis que la BCE a annoncé son assouplissement quantitatif, «les taux d’intérêt européens sont en hausse. Ils soutiennent l’euro parce qu’ils expriment une hausse des anticipations inflationnistes», argumente le gérant.

Le blog Deviantinvestor.com établit aussi un parallèle entre les taux d’intérêt américains et l’argent: les prix les plus bas atteints par l’argent correspondent aux plus hauts observés sur les obligations souveraines américaines. Cela s’est produit en 1986, 1993, 2008, 2012 et 2015. Pour le blog, l’argent a bel et bien touché un plus bas en mars dernier. L’économiste de Saxo Bank est également haussier sur les métaux précieux et baissier sur le dollar, ainsi qu’il l’a confirmé vendredi.

Le deuxième facteur haussier pour le métal blanc est le rapport entre l’or et l’argent. Il a atteint un niveau record (graphique ci-joint). Après être tombé à 32 en 2011, il s’approche de 80. En termes relatifs, l’argent est donc très bon marché par rapport à l’or.

A l’inverse des experts cités auparavant, celui d’UBS est baissier sur l’argent. Wayne Gordon prévoit un prix proche de 14 dollars l’once ces prochains mois et 15 dollars dans 12 mois. Son scénario s’appuie sur les effets d’un relèvement des taux directeurs américains en septembre. Mais il reconnaît que la demande en pièces d’argent a atteint un niveau record en Amérique du Nord et que, même si elle baisse en Europe, elle est en hausse en Asie. Son de cloche identique à Credit Suisse où Stefan Graber estime que l’argent n’est pas bon marché. Il déplore l’excès d’offre par rapport à la demande. Sa «valeur correcte» devrait être inférieure à 12 dollars.

L’argent a pourtant l’avantage d’être moins politisé que le métal jaune du fait qu’il n’est pas une monnaie de réserve, selon Pierre Leconte. Il est également plus volatil que l’or, et susceptible de progresser (ou de chuter) plus fortement puisque sa liquidité est plus faible. «En réalité, l’argent appartient davantage aux métaux industriels qu’aux métaux précieux», affirme Pierre Leconte. Il profite par exemple d’une forte demande de l’industrie photovoltaïque. Près de 70 millions d’onces d’argent vont être utilisées dans le solaire d’ici à 2016, selon Charles Sannat sur le blog Lecontrarien.com.

L’argent est aussi utilisé dans la purification de l’eau et l’isolation thermique des fenêtres – aux Etats-Unis plus de 250 millions de m2 de verre revêtus d’argent sont utilisés chaque année.

Depuis avril 2011, l’once d’argent est passée de 50 dollarsà 15,70 dollars vendredi

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