Métaux précieux

L’argent progresse beaucoup plus vite que l’or

L’once d’argent a dépassé 21 dollars lundi. Les cours, au plus haut depuis deux ans, sont soutenus par la nervosité des investisseurs. Le rebond pourrait bien se poursuivre

L’argent coûte de plus en plus cher. Et ce n’est peut-être pas fini. Le métal précieux, parfois appelé l’or du pauvre, profite de la défiance des investisseurs envers les actifs plus risqués. Depuis le oui des Britanniques à une sortie de l’Union Européenne, l’once d’argent a gagné plus de 15%. Dont quelque 7%, durant la session asiatique de lundi.

Une once – 31,10 grammes – vaut ainsi 20,50 dollars, après avoir atteint 21,14 dollars durant la nuit de dimanche à lundi. Un prix qui n’avait pas été observé depuis juillet 2014.

Depuis le début de l’année 2016, l’argent a non seulement gagné 47%, mais il a aussi fait beaucoup mieux que les autres métaux précieux, comme le palladium, le platine ou l’or. Ce dernier a «seulement» progressé de 27%.

Une version volatile de l’or

Depuis 2000, il existe une forte corrélation entre les deux valeurs refuges que sont l’or et l’argent. Elle s’est même renforcée au fil des ans. «Mais l’argent est une version plus volatile et accentuée de l’or», explique Matthew Michael. L’expert du gérant d’actifs londonien Schroders en veut pour preuve les deux périodes de marché baissier, après 2011 et jusqu’ici en 2016.

La surperformance de l’argent devrait se poursuivre, prévoit le directeur des produits liés aux matières premières auprès de Schroders. Deux facteurs vont surtout soutenir les prix, selon lui: la demande des investisseurs ainsi que la réduction de l’offre, au cours des trois prochaines années.

Après la photo, le solaire

Matthew Michael rappelle aussi qu’en 2011, une once d’argent valait presque 38 dollars. Puis, la demande industrielle a fortement baissé, dans la foulée de la disparition définitive de la photographie argentique. Désormais, «les cours ont probablement atteint un plancher (à 12 dollars, en décembre 2015, ndlr) et en dépit du rebond spectaculaire de 2016, la demande provenant du secteur solaire laisse entrevoir un important potentiel à la hausse», conclut-il.

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