Enquête

L’argent public détourné en Malaisie a-t-il servi à financer le film Le Loup de Wall Street?

La justice suisse étend sa procédure pénale dans le scandale financier lié au fonds souverain 1MDB. Les regards se tournent à présent vers le beau-fils du premier ministre malaisien, par ailleurs producteur hollywoodien.

En Suisse, les soupçons liés à l’affaire 1MDB se précisent. Le Parquet fédéral a annoncé mardi avoir adressé deux demandes d’entraides pénales au Luxembourg et à Singapour, qui mènent de leur côté leur propre enquête sur le scandale financier du siècle impliquant la tête du pouvoir de Kuala Lumpur. A en croire la justice helvétique, une partie des quatre milliards de dollars supposés avoir été détournés avec l’aide de banques suisses, auraient notamment profité à une société liée au monde du cinéma.

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S’agit-il de Red Granite Pictures, une petite société de production hollywoodienne, à l’origine d’un seul film: Le Loup de Wall Street, avec Leonardo DiCaprio? Le Ministère public de la Confédération ne confirme pas ni n’infirme cette information publiée début avril par le Wall Street Journal. Mais l’un des milliardaires impliqués dans les montages douteux du fonds souverain malaisien et ses ramifications à Genève, Jho Low – alias la baleine – n’est autre qu’un ami intime de Riza Aziz, cofondateur de Red Granite Pictures et beau-fils de Najib Razak, l’homme fort de Kuala Lumpur.

Plus qu’une coquille vide

Selon le quotidien anglo-saxon, la société de Riza Aziz aurait touché 100 millions de dollars provenant d’1MDB. Des accusations formellement démenties par le fonds souverain malaisien, qui fait depuis plusieurs mois l’objet d’investigations minutieuses et a annoncé dernièrement la cessation de ses investissements, pour ne plus se consacrer uniquement qu’à la gestion de sa dette abyssale, estimée à 11 milliards de dollars.

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