Bilatérales

L’ASB réclame un accord sur les services financiers avec Bruxelles

Selon l’Association suisse des banquiers, MiFID 2 ne règle qu’à moitié la question de l’accès au marché. Elle dément par ailleurs tout conflit par rapport au Swiss Finance Council

L’ASB réclame un accord sur les services financiers avec Bruxelles

Bilatérales Selon l’Association suisse des banquiers, MiFID 2 ne règle qu’à moitié la questionde l’accès au marché

Elle dément par ailleurs tout conflit par rapport au Swiss Finance Council

L’Association suisse des banquiers (ASB) revendique un accord sur les services financiers avec l’Union européenne (UE) afin de s’assurer de l’accès au marché européen à long terme. Selon son président, Claude-Alain Marguelisch, qui s’est adressé à la presse vendredi à Bruxelles, la directive révisée sur les services financiers (MiFID 2) ne couvre pas toutes les activités, les produits dérivés par exemple.

Les craintes selon lesquelles ­MiFID 2 allait être un coup dur pour les fournisseurs de services financiers des pays tiers à l’UE sont maintenant écartées. Dans le projet initial de la directive, il était question, au nom de la protection du petit investisseur européen, que les banques des pays tiers ouvrent une succursale dans chaque pays de l’Union pour pouvoir y vendre leurs produits financiers. «En fin de compte, tel n’a pas été le cas, se réjouit Claude-Alain Marguelisch. L’ancien système – c’est-à-dire les Etats sont libres d’exiger ou pas l’ouverture d’une succursale – reste valable.» Selon lui, un seul accord englobant tous les services valables dans l’ensemble de l’UE serait une solution idéale pour les banques suisses.

Il admet toutefois que la signature d’un tel accord n’est pas faisable pour l’instant. Au préalable, la Suisse et l’UE doivent s’accorder sur les questions institutionnelles.

Ce n’est pas la première fois que le projet d’un accord sur les services financiers est mis sur le tapis. Il y a quelques années, les banques suisses y étaient opposées, alors que les assurances en demandaient un. A présent, c’est l’opposé. L’ASB suit de près les grands chantiers ouverts par l’UE, notamment l’union bancaire et les réformes structurelles des banques pouvant poser des risques systémiques à l’ensemble de l’économie. «En Suisse, nous avons, dès le début de la crise, pris des mesures pour consolider nos banques tant par la recapitalisation que par la réduction de prise de risques», a expliqué Claude-Alain Marguelisch. Les deux grandes banques suisses, UBS et Credit Suisse, ont ainsi été amenées à augmenter les fonds propres et à préparer un plan d’urgence afin de parer à toute nouvelle crise. Selon lui, la proposition européenne de séparer les activités de détail de celles de trading sur compte propre n’est pas pertinente pour les banques suisses. L’ASB est toutefois consciente que l’une ou l’autre grande banque helvétique ayant une forte présence en Europe, notamment à Londres et au Luxembourg, devrait se conformer aux nouvelles règles bancaires de l’UE.

Le président de l’ASB a également commenté le projet d’implanter le Swiss Finance Council (SWC) dans la capitale européenne, une initiative d’UBS et de Credit Suisse. Sa création avait suscité un malaise et avait été interprétée comme un divorce entre les deux grandes banques et les autres. Claude-Alain Marguelisch a expliqué que le SWC se justifie dans la mesure où UBS et CS, deux banques universelles et très présentes en Europe, seront davantage impliquées dans les projets de réformes initiés par Bruxelles. «Je ne vois pas de concurrence, mais plutôt des synergies se développer entre le SWC et l’ASB. La nouvelle entité s’occupera des dossiers qui concernent directement les deux grandes banques suisses», a-t-il conclu.

«Nous avons,dès le début de la crise, pris des mesures pour consolider nos banques»

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