L’arthrose ne touche pas uniquement des millions d’êtres humains à travers le monde. Les chevaux connaissent aussi cette pathologie qui résulte d’une dégradation du cartilage. «Lorsqu’un cheval de course ou de compétition commence à boiter, c’est une perte financière énorme pour l’éleveur. Notre traitement donne une seconde vie à l’animal qui, sinon, finit au pâturage ou à la boucherie», note Pierre Ravussin, fondateur de Laserix, une société qui compte cinq personnes.

Spécialiste des lasers industriels, la jeune entreprise vaudoise, basée à Baulmes (VD), a développé une nouvelle méthode pour traiter l’arthrose précoce du cheval. «Cette technique, par laser, permet de supprimer la friction qui provoque la douleur et l’enflure de l’articulation et d’autre part stimule l’activité des cellules chondrocytes qui sont responsables du maintien de la matrice du cartilage», explique Pierre Ravussin.

Quatre pur-sang ont déjà été traités. «L’un d’entre eux, Cominols, a gagné, après l’opération, deux compétitions en 2015 à Dielsdorf et à Frauenfeld. Trois autres sont guéris et ont pu reprendre l’entraînement et la compétition cet été», se réjouit le fondateur de Laserix, une société créée en 2006 et qui a développé son traitement avec l’aide de l’institut de pathologie de l’Université de Berne et le soutien financier de la Commission fédérale pour la technologie et l’innovation (CTI). Laserix travaille avec trois cliniques vétérinaires, dont deux en France.

Pierre Ravussin a découvert qu’un colorant, utilisé en chirurgie cardiaque, pouvait se fixer sous la surface du cartilage. Cette couche colorée peut absorber la lumière d’un laser à diodes simple. «La surface du cartilage est ainsi lissée et la lumière laser induit la régénération du cartilage», affirme Pierre Ravussin qui projette de miniaturiser la technologie pour s’attaquer au marché vétérinaire canin et à la médecine humaine.

La start-up, qui s’apprête à procéder à une première levée de fonds de 650 000 francs, a également étoffé sa direction et son conseil d’administration, en nommant Didier Disero, économiste, écuyer, cavalier et entraîneur. En outre, Maximilien Murone, l’ancien responsable des «early projects» chez Debiopharm, a rejoint le conseil d’administration de Laserix. La société espère réaliser un chiffre d’affaires de 0,5 million de francs l’année prochaine.