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Un opérateur à la bourse de Taipei, à Taïwan, regarde les marchés plonger vendredi, après le vote des Britanniques en faveur de la sortie de l'Union européenne
© DAVID CHANG

Economie

L'Asie regarde le Brexit de loin

Au WEF de Tianjin, la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne est largement discutée. Mais les relations économiques ne sont pas assez fortes pour vraiment inquiéter

Dans les travées du World Economic Forum (WEF) de Tianjin aussi, le «Brexit» est sur toutes les lèvres. «Les places financières sont tellement interconnectées qu’un tel événement a un impact aussi sur l’Asie», a expliqué une gérante de fonds basée à Hongkong.

Réagissant à l’actualité, les organisateurs du «Davos d’été», qui a lieu depuis dix ans en Chine, ont ajouté un panel consacré à la décision des Britannique de quitter l’Union européenne à la dernière minute. Faisant salle comble, il a en fait surtout attiré les participants occidentaux du forum.

Pour Ian Bremmer, fondateur d’Eurasia Group, un cabinet de consultants spécialisé dans les risques politiques, c’est un événement à même d’ébranler la domination mondiale des Etats-Unis, tout comme l’étaient la réaction au 11 septembre et la crise financière de 2008. «Les Etats-Unis voient leur principale alliance ébranlée et démembrée. Et je ne parle pas que de l’Union européenne, mais aussi de la Grande-Bretagne, dont l’Ecosse pourrait à son tour décider de se retirer».

«Un choc, plus qu’une crise»

Pour les patrons britanniques présents, la nouvelle est dure à accepter. «Grâce au marché unique, nous réalisons entre 10 et 12% de nos revenus en Europe», a expliqué Larry Stone, président des affaires gouvernementales et publiques de British Telecom. «Nous nous étions fermement positionnés pour rester dans l’Union, parce que cela garantit la stabilité économique et parce que le bloc européen permet de négocier sur des dossiers importants pour nous, comme l’accord Tisa sur la libéralisation des services. Ainsi, le risque le plus important pour nos activités se trouve actuellement chez nous.»

Pour le directeur général de JP Morgan pour la région Asie-Pacifique, Michael Falcon, il s’agit d’un «choc», plus que d’une «crise», d’où la réaction des marchés, qui n’avaient pas retenu ce scénario. Car, «l’économie britannique est dynamique, forte, innovante. A court terme, c’est une mauvaise nouvelle, mais à plus long terme, elle va s’en remettre», a-t-il relativisé.

La Chine officielle n’est pas restée de marbre. Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré vendredi «respecter le choix du peuple britannique» mais tenir à une Europe «prospère et stable». «L’économie chinoise étant toujours plus ouverte, elle est affectée par des événements comme le Brexit», a expliqué Xu Shaoshi, président de la Commission nationale pour le développement et les réformes, lors d’un panel. Moins en raison des liens économiques qu’en raison de l’onde de choc sur les marchés. Pour l’Asie, les exportations vers l’Europe ne représentent que 10% du total. Pour la Chine, les exportations vers le Royaume-Uni ne s’élèvent qu’à 2,5%, rappelle un financier français basé à Hongkong.

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