Sa décision est prise. «Je ne vais plus jamais brancher cet appareil. Je ne peux pas lui faire confiance». Danielle (son nom de famille n’a pas été divulgué) et son mari ont vécu une incroyable mésaventure technologique. Ces habitants de Portland dans l'Oregon ont été doublement espionnés par leur assistant personnel Echo d’Amazon, comme le relatait jeudi soir la chaîne de télévision locale KIRO 7, diffusée dans la région de Seattle.

Comme des millions d’Américains, Danielle et son mari utilisent un assistant Echo d’Amazon, qui se présente sous la forme d’un petit haut-parleur équipé du système Alexa. Le couple utilisait jusqu’à présent cet appareil pour contrôler, vocalement, leur chauffage, les lumières de leur domicile et le système de sécurité. Il y a quelques jours, ils reçoivent un appel d’une connaissance. Celui-ci leur dit «Débranchez immédiatement vos appareils Alexa! Vous avez été piratés.»

En permanence en alerte

Cette personne, un employé du mari qui figurait dans son carnet d’adresses, venait de recevoir, par e-mail, l’enregistrement d’une conversation tenue par le couple. Danielle et son mari n’y croient pas. Ce dernier dit «non, vous ne nous avez pas entendus». Son employé lui répond «vous venez de parler de planchers en bois». C’était exact.

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Alexa est programmé pour être en permanence en alerte pour répondre à des commandes vocales commençant par «Alexa…». C’est bien ce qui s’est passé dans ce cas. L’appareil a entendu cette commande dans la conversation entre Danielle et son mari. Ensuite, l’assistant personnel a interprété, toujours dans le flux de cette conversation, qu’il fallait l’enregistrer, puis envoyer le fichier audio. «A qui?» a demandé Alexa, qui a détecté un nom au sein de la conversation. Le système a demandé confirmation de cet envoi, confirmation qu’il a de nouveau déduit de la conversation.

«Suite improbable»

Dans un communiqué, Amazon a confirmé cet incident et a affirmé que «cette suite d’événements était hautement improbable. Nous sommes en train d’évaluer des options pour que ce cas puisse encore moins survenir.» La multinationale a précisé «prendre très au sérieux la vie privée».

Par le passé, d’autres clients d’Amazon avaient vécu des mésaventures comparables. En 2017, une fille de 6 ans avait réussi, en parlant à un Echo installé dans sa maison au Texas, à commander une poupée alors que ses parents étaient absents. Quelques jours plus tard, une chaîne de télévision avait relaté cette histoire, ce qui avait suffi à faire commander à plusieurs foyers équipés d’un Echo, où l’émission était diffusée, plusieurs poupées du même type.

Google, numéro deux

Pour l’heure, ni la demi-douzaine de modèles Echo d’Amazon, ni le HomePod d’Apple ne sont officiellement en vente en Suisse – seuls les appareils de Google le sont. Les marchés sur lesquels ces appareils, ainsi que ceux de fabricants chinois, sont disponibles, sont avant tout les Etats-Unis et la Chine. Selon une étude de la société de recherche Strategy Analytics publiée mi-mai, 9,2 millions de ces enceintes ont été vendues sur le plan mondial lors du premier trimestre, soit une croissance de 278% sur un an.

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Amazon, qui a créé ce marché avec des premiers appareils lancés en 2014, a totalisé 43,6% des ventes, devant Google (26,5%), Alibaba (7,6%), Apple (6%) et Xiaomi (2,4%).