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Tilke Judd, responsable de l'assistant intelligent de Google.
© Joao Nogueira

Technologie

L’assistant de Google, «made in Zurich»

Tilke Judd est responsable de l’assistant intelligent disponible dans tous les appareils de Google. De passage à Lausanne, elle explique les ambitions de la multinationale sur ce marché

C’est «le projet le plus important de Google», selon Tilke Judd. De passage mercredi à Lausanne, la responsable de Google Assistant a expliqué les ambitions de la multinationale américaine pour son système d’aide personnalisée. Ce système est né à Zurich, le plus grand centre de recherche de Google hors des Etats-Unis, où travaillent aujourd’hui 2400 employés. L’assistant est disponible dans les smartphones, les montres connectées et les appareils domestiques Home, que Google veut distribuer dans tous les foyers.

Google Assistant est né en 2016, «mais il s’agit d’une évolution de toutes les avancées, dans la recherche, que nous avons effectuées depuis une dizaine d’années», explique Tilke Judd. Aujourd’hui, ce service permet de parler à ses appareils équipés d’Android, le système d’exploitation de Google, de manière naturelle. Il est ainsi possible de demander à son smartphone «quelle est la population de la plus grande ville de Suisse». «Non seulement notre assistant est capable de savoir de quelle ville il s’agit, mais aussi de trouver l’information», poursuit Tilke Judd.

Partenariats

Le service, qui s’assimile à de l’intelligence artificielle, est aussi capable, sur demande vocale, de connaître le contenu de son agenda pour le lendemain. Mais aussi de «trouver mes photos de plage», d'«envoyer un message à Marie via WhatsApp que j’aurai cinq minutes de retard». «Le but est de travailler avec de plus en plus de partenaires pour que notre assistant puisse effectuer des commandes dans des applications tierces, poursuit la responsable. Nous travaillons avec des partenaires tels CNN, Vivino [achat de vin via Internet] ou encore Sephora et Domino’s Pizza.»

Lire aussi: Google démontre sa puissance et celle du «machine learning» à Zurich

Mais donner des commandes vocales à son smartphone, est-ce vraiment une fonction utilisée par les internautes? «Bien sûr, cela semble encore bizarre de parler à son téléphone lorsqu’on se trouve dans un lieu public, répond Tilke Judd. Notre assistant est avant tout utile pour des appareils qui n’ont pas d’écran ou de clavier, tel Google Home, que vous commandez entièrement par la voix. C’est par exemple extrêmement pratique pour lancer une chanson sur Spotify. Mais lorsque les consommateurs se rendent compte de l’utilité de Google Assistant sur ces appareils, ils commencent à l’utiliser sur leur smartphone.»

Taux de succès de 95%

Google affirme que la reconnaissance vocale fonctionne dans 95% des cas. Démos à l’appui, cela semble en effet le cas. Mais il arrive que l’assistant ne comprenne pas certaines commandes, notamment celles liant plusieurs applications et objets. Et même si l’on demande quel temps il fait en étant à Lausanne, ce sont d’abord les informations pour Genève qui s’affichent, avant que le système devienne plus précis. «L’assistant devient de plus en intelligent, nous ne cessons d’apprendre via les requêtes des internautes», assure Tilke Judd.

Les fonctions de Google Assistant ressemblent beaucoup à ce que propose Apple sur l’iPhone. Mais Google veut aller encore plus loin. Le système Google Lens, présenté aux Etats-Unis début octobre mais développé en Suisse, permet de détecter des objets ou du texte via le capteur photo. Cela permet par exemple de traduire en quelques secondes un menu de restaurant de japonais en français, ou de créer automatiquement un nouveau contact dans son répertoire en prenant en photo une carte de visite. Les consommateurs suisses devront attendre, puisque ni le smartphone Pixel 2, qui intègre Lens, ni Google Home ne sont pour l’heure disponibles en Suisse.

Polémique concernant Android

Avec des systèmes de plus en plus perfectionnés se posent aussi des questions aiguës sur la vie privée. Ainsi, l’assistant pourrait-il permettre de reconnaître des gens dans la rue via le capteur photo? «Non, nous respectons la vie privée et nous ne permettons pas de le faire, répond Tilke Judd. Par contre, si vous prenez en photo un poster de Brad Pitt, l’assistant le reconnaîtra sans doute, mais cela ne fonctionne que pour des célébrités.»

Reste que Google n’est pas irréprochable concernant la vie privée. Mardi, le site spécialisé Quartz révélait que la société collectait, sans le dire et en permanence, les données de localisation des utilisateurs de smartphones Android. Ce sont les adresses des cellules GSM qui sont transmises à Google depuis janvier 2017 pour, affirme Google, «améliorer la vitesse et la performance de l’acheminement des messages». La société a promis qu’elle cesserait cette pratique à la fin de ce mois.

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