Les assurances se réveillent. Elles sont en train de perdre la bataille de l’image durant cette crise, note Paul Carroll, rédacteur en chef de Insurance Thought Leadership. Les entreprises ont subi, contre leur volonté, une interruption forcée de leurs activités et de lourdes pertes de chiffres d’affaires. Mais le public en retiendra que les assureurs n’ont pas assumé leurs responsabilités. Ces derniers réfléchissent aujourd’hui à une parade qui s’inspirerait du modèle imaginé après les attentats du 11 septembre 2001.

Les entreprises paient des primes fort coûteuses, mais l’arrêt de leurs activités à cause du coronavirus n’est pas remboursé par les assurances épidémie, à de rares exceptions près. Les assurances rétorquent que le géant du courtage Marsh avait introduit en 2018 une couverture contre la pandémie qui a été abandonnée faute d’une demande suffisante. Mais rien n’y fait. Beaucoup de PME se sont senties abandonnées. Comment la branche spécialisée dans la gestion des risques va-t-elle réagir?

Les Etats-Unis selon le modèle de 2001

Cette dernière prépare la création d’une couverture du risque de pandémie. Les clients sont d’ailleurs plus réceptifs à ce sujet qu’avant le Covid-19. Après une catastrophe, ceux-ci sont généralement disposés à payer une prime si elle leur permet de se couvrir contre un risque qui pourrait leur causer un problème similaire à celui qu’ils viennent de connaître.

Lire aussi: L’assurance épidémie ne sert à rien en cas de pandémie

Les Etats-Unis semblent davantage en avance sur l’Europe à ce sujet. Zach Finn, professeur et directeur du Davey Risk Management à la Butler University of Indiana, collabore avec divers collègues à l’élaboration d’un projet de loi sur l’assurance contre la pandémie, selon le site du magazine spécialisé Insurance Business.

Le projet porte le nom de Pandemic Risk Insurance Act (PRIA) et reprend les bases de la loi sur le risque terroriste (TRIA) établi après les attentats du 11 septembre 2001. Le Congrès avait en effet mis sur pied une sorte de réassurance des pertes subies par les assureurs et financée par l’Etat. Le PRIA serait, comme le TRIA, ouvert aux assureurs enregistrés aux Etats-Unis. La plus grande différence entre les deux lois tient au fait que le PRIA serait volontaire pour les assureurs alors que le TRIA était obligatoire. Selon le site  Property Casualty 360, le PRIA serait défini assez largement dans la mesure où il couvrirait le risque d’urgence de santé publique.

L’idée consiste à créer une forme de réassurance des couvertures des risques commerciaux. En Europe, le projet est appelé Pan Re. Thomas Buberl, patron du groupe Axa, le leader de la branche en Europe, plaide pour un mécanisme de couverture qui serait élaboré avec les différents pays et l’UE et qui s’inspirerait de l’assurance de catastrophes naturelles. Le régime serait donc mutualisé.