La faiblesse des taux trouble les prévisions de rendement et exige d’adopter de nouvelles approches en matière d’investissement.

Pour les investisseurs disposant d’un portefeuille constitué d’obligations d’Etat suisses, il est possible d’accroître le potentiel de rendement dudit portefeuille en le diversifiant et en l’étoffant à l’aide d’autres obligations d’Etat mondiales ayant une notation assez élevée. Les seules obligations suisses offrent un niveau de revenu inférieur à un tel portefeuille d’obligations internationales. Pour illustrer cela, le portefeuille international générait fin août un rendement de 2,60%, soit 140 points de base de plus que son équivalent suisse. Au cours des trois dernières années, pendant la période où les taux étaient les plus faibles, un indice international pouvait s’en tirer nettement mieux qu’un indice constitué d’obligations suisses. Une telle approche globale permet également de se prémunir des éventuels coûts liés à la couverture d’une devise, ce qui constitue souvent la raison principale pour laquelle les investisseurs préfèrent le marché national au marché international.

Un autre moyen permet d’optimiser le potentiel de rendement d’un portefeuille, en délaissant les indices pondérés en fonction de la capitalisation boursière au profit des indices constitués en fonction du produit intérieur brut (PIB) des différents pays. Ces derniers offrent aux investisseurs des rendements bien plus élevés que les indices de référence pondérés en fonction de la capitalisation boursière. Lorsque l’on tient compte de la pondération en fonction du PIB, l’univers d’investissement se décale davantage en direction des pays émergents. Avec leurs taux de rendement réel et nominal nettement plus élevés, des pays tels que le Brésil et le Mexique font figure de grands pays industriels. On s’attend en outre à ce que, à long terme, les devises locales s’apprécient par rapport au franc suisse. Pour les investisseurs suisses, cela aura des conséquences positives en termes de rendement.

La troisième approche permettant d’optimiser le potentiel de rendement consiste à recourir aux stratégies dites «absolute return» (en français: «stratégies de rendement absolu»). Les fonds obligataires traditionnels sont orientés vers les indices courants. Le gérant manie alors son portefeuille au sein de fourchettes relativement étroites. Mais en cas de hausse des taux, un tel portefeuille peut à peine se protéger des chutes de cours. C’est précisément sur ce point faible que jouent les stratégies menées indépendamment de l’évolution d’un indice de référence. La flexibilité accrue de ces concepts d’investissement permet au gérant d’écarter du portefeuille tout risque de taux, en recourant de manière ciblée à des contrats à terme et à des contrats de swap. De plus, il est en général possible de répartir ses allocations sur différents segments du marché obligataire: obligations d’entreprise, obligations adossées à des prêts hypothécaires, obligations d’Etat, entre autres.

Les investisseurs suisses seront confrontés à moyen terme à des taux d’intérêt historiquement bas. Les trois stratégies d’investissement alternatives présentées ci-dessus permettent de générer des rendements constants en prenant des risques calculés, et cela y compris dans l’environnement macroéconomique actuel.

* CEO Pimco Suisse* Conseil à la clientèle Pimco Suisse

Les obligations suisses offrent un niveau de revenu inférieur à un portefeuille international