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/REUTERS
© LUCY NICHOLSON

Etats-Unis

L'audience opposant le gouvernement américain et Apple reportée

Alors qu'Apple s'apprêtait à livrer sa dernière bataille devant le FBI, une juge fédérale a annoncé le report de l'audience, initialement prévue mardi. Le gouvernement aurait trouvé une méthode de décryptage

Le bras de fer est pour l'heure interrompu... Une juge a accepté de reporter à la demande du gouvernement américain une audience face à Apple, mardi 22 mars. Washington affirme avoir peut-être trouvé une méthode pour décrypter le téléphone de Syed Farook, auteur avec sa femme de l'attentat de San Bernardino.

Lire aussi: Apple et le FBI se sont battus devant le congrès

La juge fédérale Sheri Pym du tribunal de Riverside en Californie (sud-ouest des Etats-Unis) «a accordé à la demande du gouvernement le report de l'audition dans le cadre du litige sur l'iPhone d'Apple» et les représentants de Washington devront «déposer un rapport d'ici le 5 avril» pour évaluer le potentiel de la méthode de décryptage.

Dans une motion déposée lundi, le gouvernement explique qu'un «tiers a démontré à la police fédérale (FBI) une méthode pour débloquer le téléphone de (Syed) Farook», l'un des deux auteurs de l'attentat de San Bernardino en décembre. Si elle s'avère «viable, il n'y aura plus besoin de l'aide d'Apple», poursuit la motion.

Une affaire hautement médiatique

Washington et la firme à la pomme étaient jusqu'alors impliqués dans un bras de fer hautement médiatique, les enquêteurs américains réclamant de pouvoir accéder à des données peut-être cruciales pour déterminer comment a été organisée l'attentat le plus meurtrier aux Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001, qui a fait 14 morts début décembre.

Lire aussi: Le conflit entre Apple et le FBI se durcit

Apple, de son côté, soutient que décrypter le téléphone de Syed Farook créerait un précédent dangereux permettant de justifier que les autorités demandent l'accès aux données personnelles de nombreux citoyens pour de multiples raisons, menaçant le droit à la vie privée.

La firme à la pomme a reçu l'appui d'experts en sécurité, de militants pour le droit à la vie privée et d'autres géants technologiques comme Google.

Tout au long de son bras de fer avec Apple, le gouvernement a «poursuivi ses efforts pour accéder à l'iPhone sans (son) aide», explique le ministère de la Justice (DoJ) dans un communiqué.

Des tentatives qui ont abouti dimanche à la «présentation de la part de tierces parties d'une méthode possible pour débloquer le téléphone».

Pour l'expert en technologies Robert Enderle, interrogé par l'AFP, il pourrait s'agir de John McAfee, créateur de l'anti-virus éponyme, ou d'un ex-employé d'Apple, remarquant par ailleurs que le téléphone de Syed Farook, un iPhone 5, est beaucoup moins sécurisé que les versions plus récentes 6 ou 6S.

«Quelqu'un a convaincu le FBI qu'ils ont trouvé des failles (dans l'iPhone) que les autres gens ne connaissent pas», mais ces promesse doivent à présent être mises à exécution, renchérit Mike Murray, vice-président de la société Lookout Mobile Security. 

Chacun campe sur ses positions

Les autorités affirment qu'Apple n'est pas au-dessus des lois et qu'elles ne demandent que l'accès au seul téléphone de Farook, qui travaillait pour les services de santé du comté de San Bernardino et a ouvert le feu sur des collègues le 2 décembre.

Apple, qui a par ailleurs présenté lundi de nouveaux modèles plus petits et moins chers de son iPhone et de la tablette iPad, avait pour l'instant laissé entendre qu'il ne faiblirait pas.

«Nous devons décider en tant que nation quel pouvoir devrait avoir le gouvernement sur nos données et notre vie privée», a ainsi déclaré le patron d'Apple Tim Cook lundi lors de la présentation des nouveaux produits. «Nous pensons fermement que nous avons l'obligation d'aider à la protection de vos données et votre vie privée», a-t-il ajouté.

L'association de défense des droits de l'Homme Amnesty international a elle aussi argumenté contre la levée du cryptage, qu'elle considère comme «le prérequis de base de la vie privée et de la liberté d'expression à l'ère numérique».

«Mettre en danger la confidentialité des données (privées) aurait des conséquences désastreuses sur les sociétés libres, particulièrement pour les militants des droits de l'Homme et les journalistes qui mettent nos responsables face à leurs responsabilités», conclut Amnesty.

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