Le projet pilote lancé à Bâle il y a deux ans est un succès. Son nom de code: Catch a Car. Soit un service d’autopartage à bas prix, permettant de trouver un véhicule via son smartphone, d’en prendre le volant sans réservation préalable et de le laisser ensuite à peu près n’importe où, soit là où la signalétique du centre-ville le permet (zones bleues et blanches). Le dispositif de la cité rhénane correspond à la formule de mobilité mutualisée la moins contraignante du moment. Elle recense aujourd’hui 5000 clients, pour un parc de 120 voitures.

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Ce modèle d’autopartage de dernière génération est principalement utilisé par les 18 à 36 ans, lors de courts trajets urbains à sens unique. Il doit être déployé pour la première fois en Suisse romande d’ici à début 2017. Plus exactement, à Genève, où les autorités ont accepté que la nouvelle offre de la coopérative lucernoise Mobility – l’une des plus importantes sociétés de location de voitures en libre-service d’Europe, avec quelque 3000 véhicules répartis dans environ 1500 emplacements en Suisse, pour plus de 127 000 usagers – s’adosse au parc de stationnement cantonal, via des macarons multizones dont la taxe annuelle a été négociée pour 480 francs l’unité.

Plainpalais-Cointrin pour 10 francs

Catch a Car est soutenu par quatre partenaires financiers: les CFF, le programme SuisseEnergie, l’assureur Allianz et l’importateur d’automobiles Amag, les deux derniers ayant carrément prévu d’entrer cet été dans le capital-actions de l’entreprise mère basée à Lucerne. Les prix de location à la minute, du lundi au vendredi: 41 centimes en roulant et 24 centimes si la voiture est à l’arrêt – le tarif passe à 10 centimes la nuit –, assurance, entretien, nettoyage, parking et carburant inclus. Le forfait pour aller du centre-ville à Genève Aéroport coûte 10 francs, tout compris.

D’après l’EPFZ, l’autopartage en libre-service intégral permet de remplacer quatre voitures privées. Le concept a le vent en poupe un peu partout dans le monde: près d’une cinquantaine de villes l’ont à ce jour adopté. Ce qui représente environ 20 000 voitures et 2 millions d’abonnés. Rien qu’en Allemagne, l’un des pays les plus avancés dans ce domaine, près de 150 fournisseurs différents se partagent près d’un million d’utilisateurs réguliers.

Voiture autonome en vue

Seul hic, d’après plusieurs études: sur un trajet de 45 minutes, les usagers perdraient jusqu’à un tiers de leur temps à chercher une place de stationnement libre. Ce qui oblige souvent à prolonger la réservation lorsque la destination est encombrée. Les spécialistes du secteur sont aussi à pied d’œuvre pour améliorer les moyens logistiques afin de rapatrier les véhicules dans les zones les plus fréquentées des cités. Parmi les pistes avancées figurent les voitures autonomes adaptées à l’autopartage, capables de se redéployer automatiquement sur la base d’un itinéraire planifié.

Autre musique d’avenir: les parcours à sens unique, mais entre plusieurs villes. Mobility est en train de tester cette formule entre les gares bernoises et zurichoises, ainsi qu’avec l’aéroport de Zurich.