secret bancaire

L’Autriche, sous pression, prête à discuter

Le chancelier a pris le contre-pied de sa ministre des Finances

L’Autriche, mise sous pression par l’Union européenne sur son secret bancaire, est dorénavant prête, après les concessions du Luxembourg, à discuter elle aussi d’une amélioration des échanges d’in­formations bancaires de résidents européens pour lutter contre la fraude fiscale, a déclaré le chancelier social-démocrate Werner Faymann. «C’est la réputation du pays qui est en jeu», a-t-il estimé dans un entretien au journal Kleine Zeitung, basé à Graz, prenant en partie le contre-pied de la ministre des Finances, Maria Fekter, démocrate-chrétienne.

«Nous allons participer de façon massive à la répression de l’évasion fiscale en Europe. Nous sommes donc prêts à négocier une amélioration de l’échange des données bancaires», a-t-il déclaré dans une autre interview au quotidien Kurier.

«Nous verrons au cours de négociations au sein de l’Union européenne comment nous allons procéder, mais nous allons participer pleinement» à la lutte contre l’évasion fiscale en Europe, a-t-il dit.

Attaque contre Londres

Le chancelier autrichien s’est également prêté à une attaque contre le Royaume-Uni, conseillant «à M. Schäuble [ministre allemand des Finances, qui avait critiqué Vienne sur le secret bancaire, ndlr] d’avoir rapidement une discussion sérieuse avec M. Cameron [premier ministre britannique, ndlr] sur les îles Anglo-Normandes». Ces îles – Guernesey et Jersey notamment – disposent d’un statut fiscal garantissant l’anonymat des dépôts ­bancaires. Il a également estimé que le débat sur le rôle douteux de grands instituts bancaires, comme la Deutsche Bank, devait être mis sur la table.

Le débat en Autriche, avivé par la perspective des élections législatives du 29 septembre prochain, divise sociaux-démocrates et démocrates-chrétiens.

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