Depuis une semaine, presque 700 personnes de 85 pays de la Fédération internationale des associations de contrôleurs du trafic aérien (IFATCA) sont réunies à Genève. Pour cette 40e édition, les délégués abordent les thèmes que sont l'augmentation du trafic aérien et ses conséquences sur les retards des compagnies aériennes et sur le travail des aiguilleurs du ciel ou encore la pénurie d'employés dans ce secteur très pointu. La Suisse est particulièrement touchée par ce phénomène. La société suisse de gestion du trafic aérien Swisscontrol – devenue depuis le 1er février Skyguide – a dû être gérée depuis le milieu des années 90 comme une entreprise privée, tout en restant majoritairement propriété de la Confédération. «La baisse des coûts s'est traduite par des coupes dans les ressources humaines notamment dans le recrutement de la relève, explique Marc Baumgartner, vice-président de l'IFATCA. La formation d'un contrôleur coûte 600 000 francs.» Du coup, aujourd'hui, il manque 20% d'aiguilleurs du ciel en Suisse, qui pour s'en sortir embauche du personnel déjà formé à l'étranger. Viendra en plus s'y ajouter la retraite (55 ans), d'ici à 2007, d'un tiers des contrôleurs de la génération des baby-boomers. L'Europe n'est pas épargnée non plus par cette pénurie, puisqu'il lui manque de 12 à 15% de contrôleurs.

Pour compliquer la situation, l'augmentation du trafic aérien issue notamment de la libéralisation des compagnies aériennes a entraîné, non seulement un sucroît de travail pour le personnel, mais aussi un engorgement des avions dans le ciel. «Les compagnies aériennes ont augmenté la fréquence de leurs vols, affirme Marc Baumgartner. En plus, elles affichent des horaires (trois transporteurs à la même heure) qui ne sont pas tenables pour les contrôleurs à cause des normes de sécurité, mais on ne l'explique pas aux passagers.» Pour augmenter la fluidité du trafic, l'Europe (lire ci-dessus) est en train d'harmoniser les routes aériennes, mais non sans mal. «La toile mise en place date encore d'après la Deuxième Guerre mondiale, souligne Marc Baumgartner. C'est une question hautement politique.»