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Ville à vocation transfrontalière, Genève a toujours été un berceau d’idées.
© (DR)

Un œil sur la place financière

L’avenir de Genève passe par l’économie basée sur les plateformes

La ville pourrait créer un forum international pour développer le concept d’impact et concrétiser les objectifs de développement durable des Nations unies, grâce à «l’esprit de Genève»

Ville à vocation transfrontalière, Genève a toujours été un berceau d’idées. Aujourd’hui, elle est à la fois un centre financier doté d’une économie diversifiée axée sur les services et le siège international d’entreprises importantes. Ses institutions financières gèrent plus de 1000 milliards de francs d’actifs financiers.

En dehors de la vigueur économique, l’empathie a toujours été une composante de «l’esprit de Genève». Dans le canton, pôle de l’action humanitaire et siège européen des Nations unies, plus de 20 000 personnes travaillent auprès d’organisations internationales.

Trois nouvelles idées

Alors que la révolution de l’information remodèle le monde, trois nouvelles idées prennent de l’ampleur: les 17 Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies, l’économie de plateforme et la quête de sens vue comme dénominateur commun des individus. Le positionnement de Genève est idéal pour permettre aux ODD de prendre corps. Des individus et organisations visionnaires, comme Henri Dunant et le CICR, la Société des Nations ou le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, ont placé la barre très haut.

Inscrire Genève dans ce processus de réflexion pourrait fournir de nouveaux avantages concurrentiels à l’Arc lémanique. Selon la Business and Sustainable Development Commission, la mise en œuvre des ODD pourrait engendrer 12 000 milliards de dollars d’opportunités sur les marchés mondiaux de l’alimentation, de l’agriculture, des villes, de l’énergie, des matériaux, de la santé et du bien-être.

Portefeuilles 100% impact

Les ODD coïncident avec un intérêt croissant pour l’investissement durable. Les signataires des Principes pour l’investissement responsable des Nations unies (UN-PRI), dont nous faisons partie, géraient quelque 62 000 milliards de dollars en mars 2017 et ont récemment publié leur thèse d’investissement pour s’engager dans les ODD. Ils situent les ODD au cœur de leur responsabilité fiduciaire. Après avoir identifié les risques et opportunités macro et micro, ils émettent des recommandations en matière d’allocation d’actifs. Au quotidien, nous constatons que de plus en plus d’investisseurs veulent faire évoluer leurs portefeuilles, l’objectif étant d’aboutir à des portefeuilles 100% impact.

Ayant activement participé à la mondialisation, Genève se devrait de fournir une contribution exceptionnelle. A cette fin, elle pourrait exploiter une deuxième idée: l’arrivée de l’économie basée sur des plateformes. La numérisation et les progrès technologiques modifient la façon dont nous collaborons et interagissons. Dans les services financiers par exemple, une transformation profonde nous mène vers un monde numérique basé sur les données. Alors qu’on se concentrait auparavant sur les produits, on se dirige désormais vers un modèle axé sur le client où les capacités numériques contribuent régulièrement à une expérience client hors pair. Dans un contexte plus général, l’idée clé est l’émergence de solutions d’écosystèmes.

Fondées sur la connectivité internet, les sociétés de plateforme – à l’instar d’Amazon ou d’Alibaba – rejettent toute limite sectorielle traditionnelle. Elles s’efforcent de servir tous les publics et de répondre à tous leurs besoins. Le concept d’une ville de plateforme s’impose également. Le C40 Cities Climate Leadership Group s’inspire d’un tel modèle. C40 comprend 91 villes qui représentent un quart de l’économie mondiale. Ses membres échangent les meilleures pratiques et collaborent au niveau stratégique pour réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en s’efforçant d’améliorer le bien-être de leurs citoyens et de créer de nouvelles opportunités économiques.

Donner du sens

La troisième idée porteuse est que tous les individus cherchent à donner un sens à leurs actions, et leurs décisions d’achat et d’investissement. Selon le Campden Wealth Research’s Global Family Office Report 2017, 37,9% des «family officers» interrogés incluent l’impact investing et la philanthropie dans les activités de préparation au transfert de fortune générationnel. Je suis ravi de constater que la génération actuelle et la suivante sont tout aussi avides de donner un sens à leurs engagements. Depuis des siècles, la réussite repose sur les individus, sur les talents. La mondialisation, les progrès technologiques et l’évolution démographique refaçonneront sans cesse le marché du travail, la quantité et la qualité de postes disponibles et la manière d’effectuer les tâches. Mais les «travailleurs intellectuels» resteront un atout concurrentiel clé.

Ces talents recherchent une finalité. Notre rôle est de leur donner l’opportunité de contribuer à un développement durable dans l’économie basée sur les plateformes. En termes d’audace, la devise de Genève, post tenebras lux (après les ténèbres, la lumière), donne le ton. Les autorités, les universitaires et les secteurs privés et tiers pourraient-ils s’entendre pour créer un processus plus durable et conduire à la concrétisation des ODD? Nous disposons des experts, de la passion et de la vocation pour façonner le processus, les politiques et la gouvernance. Nous devrions exploiter la dynamique actuelle et créer un conseil consultatif international, voire un forum international. En accompagnant les jeunes talents, misons sur le concept d’impact pour donner à l’esprit de Genève un nouvel élan. Permettons-leur de faire une différence qui bénéficie à tous.

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