La deuxième semaine d'octobre de cette année entrera probablement dans l'histoire des marchés financiers sous le nom de «semaine noire». Les détenteurs d'actions ne sont pas les seuls à avoir subi des pertes massives.

Même les investisseurs dans les obligations et les dépôts à terme ont eu peur pour leurs économies. En ce qui concerne les produits structurés, les barrières ont été franchies pour de nombreux Barrier Reverse Convertibles et Bonus Certificates classiques comme cela avait déjà été le cas au printemps dernier.

Depuis lors, la plupart des produits ont perdu leur protection, de ce fait, la réussite de l'investissement dépend maintenant exclusivement des cours des actions à l'échéance. Même en cas de nette augmentation des cours, les investisseurs sont maintenant menacés par des pertes. Pour les produits classiques à barrière, on applique malheureusement la devise suivante: «franchie un jour, franchie toujours».

Les investisseurs engagés en revanche dans des produits à barrière dits «European» ou «Last Look» sont sensiblement mieux lotis. Certes, ces produits cotent aussi en ce moment nettement sous leurs cours d'émission en raison des baisses des cours, cependant ils sont encore entièrement épargnés par les franchissements de barrière. Et ce, pour une raison toute simple: la barrière des produits European est effective un seul jour, soit le dernier jour de la durée de vie du produit.

Par conséquent, l'évolution du cours des actions sous-jacentes pendant la période n'a aucune incidence pour les investisseurs souhaitant détenir les produits à barrière European jusqu'au jour d'échéance.

Il faut ajouter un deuxième grand avantage pour les investisseurs, à savoir la transparence du produit.

Les European Certificates sont plus faciles à comprendre parce que la réussite de cet investissement ne dépend que du cours à la maturité du produit, contrairement aux produits à barrière continue qui dépendent également de l'évolution du cours sous-jacent. Les produits European sont donc plus simples maîtriser que les Reverse Convertibles classiques.

Cependant, si la variante European est plus sûre et plus transparente que la variante classique, pourquoi les émetteurs n'ont-ils pas proposé cette variante ces dernières années alors qu'elle existait déjà sous une forme similaire au début de la décennie? La réponse s'explique par la volatilité sur les marchés des actions.

De 2004 au déclenchement de la crise des «subprime», la volatilité a évolué à un niveau extrêmement bas en comparaison historique.

Dans un tel environnement de marché, les produits European ne pouvaient pas se prévaloir d'opportunités de rendement ou de coupons attrayants. C'est pourquoi les Europeans n'étaient pas proposés par les émetteurs ni demandés par les investisseurs. La situation a changé aujourd'hui en raison de la nette hausse de la volatilité. Certes, on applique comme auparavant la règle fondamentale selon laquelle une augmentation de la sécurité s'accompagne d'une baisse du rendement. Pourtant, la volatilité élevée permet maintenant aux investisseurs d'obtenir facilement des coupons à deux chiffres avec les Europeans également. C'était à peine envisageable il y a encore deux ans.

Cela peut être clarifié par un exemple fictif mais calculé avec des paramètres réalistes: début 2007, un European Barrier Reverse Convertible sur ABB, avec une marge de sécurité de 30% et une durée d'un an, aurait versé un coupon de 7,25%. Emis le 15 octobre 2008, il aurait produit un coupon de 13,5 % pour une marge de sécurité et une durée identiques. Les Europeans sont donc un «enfant de l'incertitude».

La structure est attrayante et donc commercialisable dans la situation actuelle de volatilité élevée. Cependant, même si la volatilité devait à nouveau baisser, les investisseurs devraient quand même se poser la question si le rendement inférieur de deux à trois pour cent n'était pas compensé par une plus grande sécurité.

Même si l'atmosphère sur les bourses devait à nouveau s'éclaircir en raison des mesures de soutien des gouvernements, le risque de soubresauts à court terme des cours demeurer entier. Les fortes oscillations des cours des actions et des indices ne sont pas aussi rares qu'on ne le pense généralement en ce qui concerne les barrières continues classiques pour lesquelles chaque cours individuel de bourse compte, cela constitue un critère absolument primordial.

Avec les European Certificates, les investisseurs peuvent envisager de telles turbulences de manière beaucoup plus sereine. Le seul élément décisif est que le sous-jacent ne cote pas sous la barrière à l'échéance.