L'année 2006 signera-t-elle la fin ou la vente de Smart à des investisseurs spécialisés dans les sociétés en difficulté? La question se pose après la parution, lundi, d'un article du Financial Times qui évoquait la volonté renforcée de DaimlerChrysler de se défaire de sa marque en difficulté.

Interrogé hier par Le Temps sur le stand de Daimler au Salon de Detroit, Dieter Zetsche, le patron du groupe germano-américain, a précisé ses intentions: «Notre position n'est pas nouvelle. Nous disons depuis l'année dernière que nous sommes ouverts à un partenariat pour assurer l'avenir de Smart. Ce qui est en revanche nouveau est que nous avons récemment confié à la banque Goldman Sachs la mission de discuter avec ces éventuels partenaires. C'est pour nous un moyen de filtrer et canaliser les propositions que nous recevons, qui ne sont pas toutes sérieuses. Cela dit, notre but premier est toujours de rendre Smart profitable et durable. Nous faisons actuellement de gros efforts pour y parvenir. Nous espérons atteindre notre but l'an prochain, sans pour autant négliger en cours de route les offres de coopération.»

DaimlerChrysler perd toujours beaucoup d'argent avec la microvoiture urbaine: 600 millions d'euros pour la seule année 2005. Toutefois, les ventes de Smart progressent d'année en année depuis 1998. L'an dernier, 143000 Smart ont été commercialisées. L'Italie, qui absorbe près de 25% de la production, est toujours très demandeuse de la biplace, en particulier de sa version diesel très économique. Mais DaimlerChrysler a supprimé la production d'un modèle roadster, et rayé de la carte un nouveau modèle avant même qu'il ne soit sorti. Si Smart doit survivre, cela sera sur des bases modestes.

Relevons que Smart est remarquablement absent du Salon de Detroit, où les petites voitures urbaines - en particulier japonaises - sont sous les feux de la rampe en raison du climat d'inquiétude énergétique aux Etats-Unis. DaimlerChrysler évoque depuis des années la possibilité de commercialiser la Smart sur le territoire nord-américain, sans jamais avoir donné suite à son projet.