Commentaire Aveu d’impuissance

Les banques ne se sont pas contentées de manipuler les taux d’intérêt, elles ont aussi arrangé les taux de change, affirment les régulateurs.

Les amendes infligées à des établissements se succèdent. L’inflation en prime. Moins nombreuses que dans l’affaire des taux d’intérêt, les grandes banques épinglées hier paieront ensemble une amende multipliée par deux (3,3 mil­liards de dollars). Cet été, la française BNP Paribas, qui a admis avoir violé l’embargo contre le Soudan et l’Iran, a reçu l’addition la plus salée: 8,9 milliards à payer aux autorités américaines. Les questions existentielles ont déjà disparu: selon les estimations, neuf mois de bénéfice suffiront à absorber l’amende. Affaire réglée.

Le gendarme suisse des banques ne regrette pas de ne pouvoir infliger d’amendes (au-delà de la retenue des bénéfices indus, 134 millions dans ce cas). La Finma estime pouvoir changer les comportements en visant les individus et en optant pour des mesures ciblées.

Dans cette dernière affaire, la Finma a fixé une limite au bonus des traders à… 200% du revenu fixe. Tout est dit. L’histoire peut se répéter. L’autorité enquête encore sur onze collaborateurs. Pourtant, elle reconnaît en parallèle que la pression des résultats pousse les traders à tricher.

En rendant les transactions automatiques, la Finma empêche des manipulations futures. Mais elle ne change en réalité rien à la culture ou aux comportements.