Aviation

L’avion à réaction PC-24 de Pilatus a réalisé son premier vol d’essai

Pour la première fois depuis 60 ans, un avion à réaction de conception suisse prend son envol. Le PC-24 avait engrangé 84 commandes en 36 heures à Genève l’an dernier, un record

L’avion à réaction PC-24 de Pilatus a réalisé son premier vol d’essai

Aviation Pour la première fois depuis 60 ans, un avion à réaction conçu en Suisse a pris son envol

Le PC-24 avait engrangé 84 commandes en 36 heures à Genève l’an dernier, un record

L’événement est historique pour l’industrie aéronautique suisse. Le dernier-né des usines Pilatus, le biréacteur d’affaires PC-24, a effectué son premier vol lundi matin à partir de l’aérodrome de Buochs (NW). L’avion a volé pendant 55 minutes au-dessus de la Suisse centrale, train d’atterrissage sorti par précaution, comme c’est de règle pour les vols inauguraux de prototypes.

Le prototype numéro 1, immatriculé HB-VXA, a décollé en un peu moins de 600 mètres et mis 3 minutes pour atteindre l’altitude de 3000 mètres, accompagné par un Pilatus PC-21 et suivi par douze ingénieurs au sol, les yeux rivés sur les moniteurs transmettant en direct les données de vol de l’avion et prêts à épauler les deux pilotes en cas d’incident. Tout s’est déroulé exactement comme planifié, et le prototype s’est posé sous les applaudissements des quelque 1800 employés directement ou indirectement impliqués dans le projet.

C’est la première fois qu’un avion à réaction conçu et fabriqué en Suisse prend son envol depuis 60 ans, presque jour pour jour. En effet, le prototype FFA P-16, de la Fabrique d’avions d’Altenrhein, a réalisé son vol inaugural le 25 avril 1955. Mais après deux accidents, l’armée a annulé la commande qu’elle avait passée pour cet avion de chasse et d’attaque au sol. Deux autres avions militaires à réaction suisses, l’Arbalète et l’Aiguillon, avaient volé en 1951 et 1952 mais, sous-motorisés, avaient été rapidement abandonnés (l’Aiguillon n’avait même fait qu’un «saut de puce» intempestif lors d’essais de roulage à grande vitesse).

Le PC-24 aura de toute évidence plus de succès. Il a même déjà provoqué la sensation l’année dernière au Salon européen de l’aviation d’affaires EBACE à Genève, en engrangeant 84 commandes fermes en 36 heures, du jamais-vu. De quoi assurer la production pour trois ans. L’édition 2015 d’EBACE ouvre ses portes la semaine prochaine, et nul doute que ce premier vol, pratiquement en ligne avec le programme prévu (il était annoncé pour fin mars), sera favorablement commenté. La certification et les premières livraisons du biréacteur sont prévues pour 2017. La Confédération en a commandé un exemplaire, qui sera livré parmi les premiers.

Le nouveau modèle de Pilatus s’inscrit dans la ligne qui a fait le succès de ses prédécesseurs, notamment le PC-12 à turbopropulseur, dont il a gardé le principe d’une grande porte cargo (une première dans sa catégorie) et la capacité unique à se poser sur des pistes courtes et non préparées: polyvalent, le PC-24 peut être à la fois un luxueux avion d’affaires, un transport léger jusqu’à dix passagers, un avion-cargo ou un avion-ambulance, avec des aménagements adaptables rapidement. Son rayon d’action est de 3600 kilomètres avec quatre passagers. Son prix de vente est de 8,9 millions de dollars. Les coûts de développement avoisinent les 500 millions de francs, entièrement sur fonds propres, selon Oskar Schwenk, président de l’entreprise nidwaldienne. Trois prototypes seront construits pour un programme d’essais de 2300 heures sur deux ans, dont moins de la moitié en Suisse.

Le PC-24 peut être à la fois un avion d’affaires, un transport léger, un avion-cargo ouun avion-ambulance

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