Véritable épine dorsale de la planification financière personnelle, la prévoyance liée offre aujourd'hui de nombreuses possibilités. En effet, le troisième pilier – assorti d'avantages fiscaux très intéressants – peut être envisagé pour amortir indirectement une hypothèque, couvrir des risques ou réaliser des rendements séduisants.

Dans le domaine du troisième pilier, la solution de prévoyance peut être un produit bancaire ou un produit d'assurance. Le choix le mieux adapté dépend dans une large mesure des besoins de la personne, ainsi que de ses projets.

En cas d'incapacité de travail ou de décès suite à une maladie, l'AVS et l'AI ainsi que la caisse de pension ne couvrent souvent qu'une partie du dernier revenu. Dans ce domaine, les solutions sont très variables et dépendent essentiellement de l'étendue des prestations de la caisse de pension. Si l'on souhaite combler d'éventuelles lacunes, il faut à l'évidence opter pour un produit d'assurance. Celui-ci permet, en effet, d'associer prévoyance et protection contre les risques en fonction des besoins et de modifier la couverture en cas de changement de situation, un nouvel employeur par exemple. La rente d'incapacité de gain assure le cas échéant un revenu en cas d'invalidité. S'agissant du capital-décès, celui-ci couvre le conjoint et la famille.

La solution de prévoyance d'une compagnie d'assurances offre un avantage énorme, à savoir l'exonération des primes. On a tout intérêt à inclure cette prestation dans la couverture, car elle assure la poursuite du paiement des primes en cas d'incapacité de gain. Ainsi, l'assuré n'a pas de lacunes de prévoyance à l'âge de la retraite et dispose du montant qu'il s'était fixé comme objectif. Cette couverture est également judicieuse lorsque l'amortissement de l'hypothèque passe par le 3e pilier puisque celui-ci est également assuré en cas d'invalidité.

Confier sa prévoyance à une compagnie d'assurances n'est pas pour autant conseillé dans tous les cas. Assortie de coûts administratifs et de couverture du risque élevés au début du contrat surtout, cette solution ne convient pas si l'on souhaite constituer un patrimoine à court ou à moyen terme, en vue de réaliser les fonds propres pour accéder à la propriété ou d'exercer une activité indépendante. Le produit de l'assurance est, en quelque sorte, un produit d'épargne forcée à long terme: l'assuré qui résilie par anticipation son contrat peut subir d'importantes pertes et cesse de bénéficier de la couverture des risques.

Le pilier 3a ne peut être financé que si l'on dispose de revenus d'une activité lucrative soumis à l'AVS. Autrement dit, toute personne qui interrompt son activité pour se former, voyager ou se consacrer à sa famille n'a plus le droit d'alimenter sa prévoyance. Or, c'est précisément dans ces circonstances que la couverture des risques est importante car la protection de la caisse de pension n'est plus assurée. Rares sont donc les assurances qui proposent la possibilité de maintenir le contrat en pilier 3b (prévoyance libre) pour éviter d'importantes lacunes de couverture et pertes.

Les produits des banques sont moins complexes. Ils se distinguent avant tout par leur souplesse et la modicité des coûts. Le troisième pilier n'est en fait rien d'autre qu'un compte de prévoyance bloqué sous conditions, que l'on peut alimenter en toute souplesse, sans que cela soit une obligation. Etant donné que le produit présente de faibles coûts administratifs et pas de couverture des risques, il est particulièrement bien adapté si l'on veut se constituer un apport servant à l'achat d'un logement ou si l'on n'a pas besoin de couvrir des risques.

Toutefois, en cas d'interruption de l'activité lucrative, il n'est pas possible de poursuivre les versements, et en cas d'incapacité de gain, le produit ne fournit aucune prestation.

Actuellement, les banques, tout comme les compagnies d'assurances, proposent des solutions liées à des fonds, solutions qui améliorent fortement les perspectives de rendement et la transparence. Ainsi, le cotisant n'est plus tributaire de la marche des affaires de l'institution de prévoyance; il peut choisir ses placements et suivre leur évolution. Certains produits proposent également des garanties minimales à ceux qui souhaitent exclure tout risque de pertes.

Le mieux consiste le plus souvent à associer une solution de prévoyance d'une banque à celle d'une assurance. En répartissant ainsi son budget, on a une couverture des risques et une assurance de prévoyance, tout en bénéficiant de la souplesse du paiement des cotisations et des possibilités de retrait anticipé sans perte. Parallèlement, les versements de prestations imposables au cours de la retraite peuvent être échelonnés, ce qui diminue la progression fiscale.

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