Les marchés financiers ont été fortement secoués au cours des dernières années, pâtissant de l'effondrement des valeurs technologiques, des attentats terroristes, de la guerre et du pessimisme ambiant. Un revirement semblant peu probable, les marchés ont même été confrontés à une baisse de l'afflux de capitaux. Cette situation a incité bon nombre d'investisseurs à faire preuve de retenue et à n'accorder qu'une confiance limitée aux marchés. Après une correction aussi sévère que celle-ci, les perspectives de placement peuvent souvent se révéler être très intéressantes, et il ne s'agirait pas de rater le moment propice pour investir.

Contexte favorable aux actions

Le recul de la Bourse d'octobre 2000 à mars 2003 a amené nombre d'investisseurs à perdre confiance et à ne plus espérer de changement offrant des perspectives intéressantes. Les marchés boursiers ont toutefois amorcé depuis une hausse «quasi imperceptible», et l'environnement persiste à être très favorable. Ainsi, depuis fin mars 2003, le SMI a progressé de 3650 à 6200 points, ce qui équivaut à une performance de pratiquement 70%. L'indice dégage actuellement une performance annuelle de 8,8% en dépit de la faiblesse du dollar et de la hausse du prix du pétrole.

Nombreux sont les investisseurs à observer trop longuement cette évolution, attendant, pour être bien sûrs, que la tendance se poursuive. Lorsque les marchés s'inscrivent en effet en hausse sur une durée prolongée, ils se décident enfin à investir afin d'en tirer profit. Or, il est souvent déjà trop tard, car à la phase de hausse succède la baisse. En soi, ce phénomène ne serait pas trop grave. Ce qui l'est plus, c'est que les investisseurs inexpérimentés, pris de panique, liquident leurs placements, essuyant du même coup des pertes substantielles. Pour les investissements en actions, il est de ce fait recommandé de prévoir un horizon de placement de 10 ans environ. De juin 1995 à juin 2005, le SMI notamment a gagné près de 120%, ce qui correspond à un rendement moyen supérieur à 8% en dépit du recul enregistré de 2000 à 2003.

Il existe un certain nombre d'indicateurs conjoncturels: le récent affaiblissement de l'euro améliore de nouveau les chances d'exportation de l'économie européenne, le taux de chômage s'inscrit en recul, les perspectives des entreprises sont nettement meilleures et les rapports cours/bénéfice se révèlent attrayants – par rapport au niveau comparable de 1995. Partant de là, le contexte relatif aux placements en actions reste très favorable, en dépit des facteurs de risque que recèle la croissance économique relativement faible dans les principaux pays de l'UE et en Suisse.

L'inconvénient de la bonne conjoncture est la tension des taux sur le marché des capitaux. Les taux pourraient de ce fait légèrement grimper sur le marché des emprunts, ce qui se répercuterait négativement sur le cours des obligations existantes.

Principes de placement et instruments

Un principe très important est la diversification internationale des placements. Les scandales liés aux faillites intervenues ces dernières années et la forte correction enregistrée par certains secteurs ont démontré, une fois de plus, à quel point il est important de diversifier largement son portefeuille et de ne pas être tributaire d'une entreprise, d'un marché ou d'un secteur particuliers. La durée constitue par ailleurs l'un des principaux facteurs liés au choix d'un placement approprié, et le profil de l'investisseur devrait être défini avant d'envisager tout placement. En l'occurrence, on parle également du «triangle magique», lequel consiste à adapter les facteurs rendement, liquidité et sécurité en fonction de ses possibilités et souhaits personnels et de définir une stratégie de placement en conséquence. Etant donné qu'il n'est pas possible de satisfaire simultanément les trois facteurs, l'investisseur pour qui la liquidité et la sécurité constituent une priorité devra renoncer au rendement.

En matière de diversification, les fonds de placement se révèlent être un instrument parfaitement approprié. Face à la multitude de fonds, il est également possible de trouver le produit répondant le mieux à son profil d'investisseur. Il est toutefois important de veiller à la qualité des fonds. Quel est le volume géré, quelle est sa volatilité, depuis quand le produit existe-t-il, quelle est l'évolution du rendement par rapport à l'indice de référence, quel est le montant des frais et quelles sont les possibilités de redéploiement?

Les hedge funds ne sont plus non plus un produit réservé à un petit nombre. Au cours des dernières années, cette catégorie de placement est devenue un élément incontournable de tout portefeuille bien diversifié. L'effet de diversification a diminué à la suite de la libéralisation des mouvements de capitaux – d'où le besoin d'instruments de placement permettant de réduire à nouveau le risque lié à l'ensemble du portefeuille. Bien intégrés dans le portefeuille, les hedge funds sont en mesure d'assumer idéalement ce rôle.