Accéder au private equity n'est pas chose aisée pour les investisseurs privés: pièges à éviter nombreux, coût élevé de la plupart des véhicules de placement... En outre, cela implique par définition d'investir dans des sociétés non cotées, sur plusieurs années, avant de pouvoir prendre ses bénéfices.

Véhicules cotés en Bourse

Une des alternatives pour le particulier consiste à choisir des véhicules cotés. Mais ils ne représentent que 1,3% du total des capitaux levés en Europe en 2005 (selon EVCA/Thomson Financial/PricewaterhouseCoopers), et même s'ils tendent à gagner en notoriété en période boursière faste, ils resteront sans doute l'exception:

1. Véhicules «single manager» cotés: si le groupe de private equity sous-jacent est de bonne qualité et le gérant bon, l'idée peut s'avérer intéressante, à condition de surveiller les frais. KKR a récemment lancé un véhicule coté de 5 milliards de dollars et d'autres noms comme Blackstone, Apollo, Carlyle ou TPG ont suivi, ou suivront bientôt si les marchés le permettent.

2. Véhicules «multi-managers» cotés: en moyenne, ce concept s'est avéré moins performant car, souvent, les investisseurs ne les évaluent pas à leur valeur nette d'inventaire (VNI) intégrale et se retrouvent ensuite avec des titres de valeur bien inférieure à la VNI (les fonds «single manager» pâtissent parfois également de cet effet).

Véhicules en mains privées

Ces véhicules continuent d'être la norme dans l'univers du private equity:

1. Les investissements en private equity «single manager»: les «feeder funds» sont créés par des banques internationales, qui engagent plusieurs centaines de millions de dollars dans des fonds de private equity (habituellement de buyout) très demandés, et les vendent ensuite à leurs clients. Les frais tendent à être conséquents.

Investir en direct dans des fonds private equity est l'apanage des opérateurs très importants et nécessite entre 5 et 25 millions de dollars.

2. Investissements en private equity «multi-managers»: les fonds de fonds sont en général la prérogative d'investisseurs institutionnels.

3. Les portefeuilles de fonds sur mesure sont le modèle utilisé chez Pictet. Après analyse et sélection des meilleurs fonds de private equity, un groupe d'investisseurs est créé par le biais d'un véhicule commun, qui assumera l'engagement financier global. Les fonds sélectionnés traiteront alors avec une seule entité et disposeront d'un volume de capitaux dépassant les 5 à 25 millions de dollars. Cette formule souple permet de s'adapter aux capacités des différents investisseurs privés.

4. Clubs d'investisseurs: ces clubs informels réalisent des transactions individuelles sur une base non contraignante et regroupent généralement de grands investisseurs privés. La qualité des partenaires y joue comme ailleurs un rôle crucial.

Pièges à éviter

Notre expérience nous a montré qu'en général, les initiatives privées directes se soldent par un échec et, dans les milieux du private equity, on les qualifie souvent de tours 3F, «friends, family and... fools».

Le second écueil à éviter est le recours à des gérants néophytes, dans la mesure où la recherche a montré qu'en moyenne, ils obtiennent des résultats peu satisfaisants (Steven N. Kaplan, University of Chicago Graduate School of Management, et Antoinette Schoar, Sloan School of Management au MIT).

Enfin, dans une période faste pour le private equity comme celle d'aujourd'hui sont lancés toutes sortes de nouveaux modèles. Or, dans ce domaine comme dans d'autres, les choses sont souvent malheureusement trop belles pour être vraies.

En conclusion

Le private equity peut représenter une diversification très intéressante pour un portefeuille d'investissement privé, à condition de ne pas souhaiter vendre rapidement et de jouer le long terme. Une fois cette contrainte acceptée, il est alors possible pour un privé d'y investir avec succès en utilisant l'une des approches citées.