pétrole

L’Azerbaïdjan frappe à la porte de la Banque Cantonale de Genève

Pasha Bank annonce une coopération dans la gestion de l’argent de clients azéris fortunés . Empruntée, l’institution cantonale parlait mercredi d’un «échange de points de vue»

La nouvelle a été relayée à grand renfort de communiqués par l’agence de relations publiques qui, il y a un mois, initiait à l’art de la com les cadres de l’établissement, à Bakou. «Pasha Bank, l’une des premières banques au service des entreprises en Azerbaïdjan, vient de conclure avec succès ses négociations avec la Banque Cantonale de Genève en vue d’une coopération dans [les activités de] banque privée.»

En clair, la gestion de la fortune amenée par les particuliers, hommes d’affaires «et entreprises» d’un pays dont les revenus dépendent à 95% des hydrocarbures. Et dont les autorités sont régulièrement condamnées par les organisations de défense des droits de l’homme. Haqq & Adalet, association d’opposants installée en Suisse, rappelait ce week-end l’existence «de fonds du pétrole dans les banques ­occidentales, s’élevant à environ 50 ou 60 milliards de dollars et ne servant pas du tout à la population».

Dans son communiqué, Pasha Bank donne même la parole au patron de la Banque Cantonale de Genève, qui s’y félicite «d’une relation win-win» permettant à son établissement «de rester branché sur le pouls du Caucase». Mercredi, l’atmosphère était moins euphorique du côté de la banque romande, visiblement prise de court. D’accord, «coopération», point. Une simple «collaboration à caractère informel», un «échange de savoir-faire dans la gestion de portefeuilles et les produits financiers, évoque la porte-parole. Qui insiste. «A ce stade, les deux banques ont échangé leurs points de vue sur leurs approches respectives.» Pas plus.

De son côté, l’établissement azéri se réjouit pourtant de «l’opportunité donnée à ses clients de demander l’ouverture de comptes dans des banques suisses». Ces millionnaires de la Caspienne sont-ils déjà au quai de l’Ile? La Banque Cantonale rétorque en affirmant «étudier actuellement un éventuel développement commercial», mais «n’avoir rien établi pour l’heure».

Si la tonalité publicitaire reste à accorder, cette «coopé-collaboration» s’inscrit dans les nombreux liens commerciaux entre l’Azerbaïdjan et la Suisse. Il y a un an, une cohorte d’officiels genevois a fait le voyage à Bakou. La ville accueille Socar Trading, ­antenne de négoce du groupe ­pétrolier azéri, par ailleurs en train d’installer son logo sur les anciennes stations-service hel­vétiques d’Esso.

Prochaine étape, la licence bancaire octroyée à Pasha Bank? L’établissement de Bakou ne fait pas mystère de sa volonté d’installer des bureaux à Genève .

Prochaine étape, la licence? La banque de Bakou ne fait pas mystère de sa volonté de s’installer à Genève

Publicité