Après Roche mercredi matin, Pfizer peine à satisfaire les attentes des marchés financiers. La publication par le leader mondial de l’industrie pharmaceutique de son résultat au quatrième trimestre se traduit par une baisse de 2% de l’action. Pourtant le bénéfice net augmente de 188%par rapport à la même période de l’année dernière, selon un communiqué.Il est vrai que ce dernier contenait une charge de 2,3 milliards de dollars sur un conflit juridique.

Au sein de Pfizer, les fonctions de CEO et de président du conseil d’administration sont regroupées. Jeff Kindler porte donc «la double casquette». On se rappelle que Daniel Vasella vient de décider de céder sa fonction de CEO pour conserver celle de président du conseil.

Non seulement le bénéfice de Pfizer est légèrement inférieur aux prévisions, mais les prévisions pour 2010 déçoivent également.

Pour sa part, le chiffre d’affaires trimestriel s’accroît de 34% à 16,5 milliards de dollars, en partie en raison de ses acquisitions.

Pour l’ensemble de l’année, le chiffre d’affaires s’élève à 50 milliards de dollars. Celui de Roche est à peine inférieur. Il se monte à 49,1 milliards de francs (+4%). Le bénéfice annuel de Pfizer est de 8,1 milliards de dollars (+7%), contre 8,5 milliards de francs (-22%) pour Roche.

Pfizer est à la croisée des chemins. Son médicament phare contre le cholestérol , le Lipitor, perd la protection de son brevet l’année prochaine. Or son chiffre d’affaires atteint 12 milliards de dollars. Le groupe a réagi en réduisant massivement les coûts, notamment par la suppression de 19 000 emplois, la fermeture de sites de production et six centres de recherche. Il a également procédé à une vaste acquisition, celle de Wyeth pour 68 milliards de dollars.Le coût d’intégration de cette société pèse lourdement sur les résultats.

Le groupe entend prouver sa capacité à sortir de l’ère du Lipitor en prévoyant pour 2012 un bénéfice par action de 2,25 à 2,35 dollars. Un tel résultat dépasserait en effet le bénéfice par action de 2009, qui est de 2,02 dollars.