Le leadership consiste, dans un environnement d'incertitude accrue, en une capacité à discerner ce qui permet de modifier une stratégie qui n'a pas fait ses preuves, de redresser une entreprise en difficulté, ou de réussir une fusion. Le leadership, c'est aussi et surtout savoir mobiliser les autres vers un but commun. Le meilleur leader est celui qui possède une vision stratégique, qui sait persuader et qui obtient des résultats concrets. En effet, les chefs d'entreprise doivent être visionnaires, résister aux pressions dues aux incertitudes environnementales, et faire leurs preuves dans des délais toujours plus réduits.

Si la vision et la stratégie conservent un rôle crucial, à ces deux aspects viennent s'ajouter d'autres qualités non moins fondamentales: le leadership transversal et le leadership ascendant.

A mesure que les entreprises externalisent des services, concluent des alliances et fusionnent, elles ont besoin de responsables capables de gérer des collaborateurs internes tout comme des interlocuteurs externes. Les compétences requises pour exercer ce leadership transversal sont fondamentales pour obtenir des résultats. Le leadership transversal requiert un esprit de stratège pour comprendre quand et comment collaborer pour se donner un avantage concurrentiel, des talents de négociateur pour conclure les meilleurs accords avec les entreprises extérieures et s'assurer un service de qualité, un bon esprit de direction pour surveiller et améliorer le contrat de collaboration; enfin, pour vaincre les résistances internes à l'adoption de nouvelles méthodes, le leadership transversal requiert des aptitudes propres à la gestion du changement.

Compte tenu de l'incertitude stratégique avec laquelle on doit désormais composer, la capacité des responsables à obtenir un soutien aussi bien de leur hiérarchie que de leurs subordonnés est une qualité de plus en plus recherchée et appréciée. Il faut savoir en quelque sorte à la fois «motiver et diriger» son supérieur. Le leadership ascendant dépend de la capacité des collaborateurs à défendre leur point de vue, à proposer des solutions, à agir de façon opportune pour le succès de l'entreprise. De telles initiatives doivent se prendre avec subtilité et brio car, dans le cas contraire, elles peuvent briser une carrière. En même temps, le cadre qui ne réussit pas à faire valoir son point de vue avec fermeté risque aussi bien de végéter pour ne pas savoir attirer l'attention de son supérieur, lequel a pourtant besoin de ses conseils.

Les leaderships transversal et ascendant représentent ainsi des qualités essentielles pour le manager qui doit affronter la crise d'aujourd'hui et les conditions de marché dynamiques et imprévisibles de demain. Si l'aptitude à diriger n'est pas chez tous innée, il s'agit malgré tout d'une compétence qui ne s'acquiert que difficilement. Un cadre, à cet égard, devrait être capable de régulièrement remettre en question son mode de fonctionnement, en demandant des feedback à ses collaborateurs, par exemple, de manière informelle ou plus scientifique. C'est à ce prix qu'il améliorera son comportement de leader et répondra plus durablement aux exigences de l'économie nouvelle.