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De l’eau et du sel pour nettoyer l’Aéroport de Genève

Les machines fabriquées par la société vaudoise Aquama ont déjà convaincu quelques clients

De l’eau et du sel pour nettoyer l’Aéroport de Genève

Ecologie Les machines fabriquées par la société vaudoise Aquama ont déjà convaincu quelques clients

Willy Pomathios, installé dans un café de l’Aéroport international de Genève, dépose une goutte d’huile d’olive sur son ordinateur portable. Puis, tel un démonstrateur sur un marché ambulant, il pulvérise la tache avec un liquide constitué uniquement d’eau et de sel. «Le produit est totalement naturel», explique-t-il, n’hésitant pas à en goûter un peu pour prouver ses dires. Les molécules se figent en quelques secondes. Un coup de chiffon et le gras est parti.

Au-delà de cet effet «potion magique», la société Aquama à Prangins (VD) a su convaincre la commune de Renens, le Comité international olympique, l’Aéroport international de Genève ou la société de nettoyage MPM. Depuis plus de quatre mois, la commune de Renens nettoie le Collège du Léman avec le système proposé par Aquama. L’Aéroport de Genève s’est équipé de quatre machines qui, alimentées par le réseau d’eau, génèrent par hydrolyse (un procédé de décomposition de l’eau en oxygène et hydrogène, via le courant électrique) deux solutions de nettoyage: un détergent et une solution désinfectante.

«J’ai testé le produit chez moi pendant plusieurs mois avant d’acheter en 2013 quatre machines. A terme, nous voulons en acquérir encore cinq pour nettoyer tout l’aéroport. Nous obtenons les mêmes résultats qu’avec des produits chimiques industriels», explique Giuseppe Placa, chef du service Prestations d’entretien de l’Aéroport international de Genève, qui a accueilli 13 millions de passagers en 2012. Les produits obtenus par les machines d’Aqua­ma sont 100% biodégradables. Il s’agit d’hypochlorite de sodium (FAOx), un produit qui se transforme rapidement après son utilisation. La réaction principale est une oxydation qui entraîne sa décomposition en chlorure de sodium (sel de table), en oxygène et en eau.

«Il n’y a pas de risque de surdosage, de brûlures, d’allergies ou d’inhalation de vapeur de produits toxiques ou de danger pour les employés», souligne Giuseppe Placa.

Prix de la machine: 14 999 francs. «En une année, le budget des produits de nettoyage a diminué de 50%. Les solutions à base d’eau et de sel remplacent 85% des détergents et désinfectants usuels. Elles ne permettent toutefois pas de décaper un sol», précise Giuseppe Placa. Autre argument avancé par le chef du service Prestations d’entretien de l’Aéroport de Genève: «Nous n’avons pas eu besoin de changer nos outils de travail. Nous avons pu conserver les mêmes autolaveuses.»

Version grand public

Fondée en 2013 par Willy Pomathios et Iyad Musa, deux passionnés d’écologie qui ont travaillé, après une formation hôtelière, dans le domaine bancaire et des ressources humaines, la jeune société vise la grande distribution. Elle a développé une machine à usage domestique dont le prix a été fixé à 333 francs. «Le consommateur devient autonome. Il devient producteur de ses solutions de nettoyage écologiques», explique Iyad Musa.

La société Aquama, totalement autofinancée, a réalisé un chiffre d’affaires de 150 000 francs durant sa première année d’activité. Elle pense doubler ses ventes en 2014.

Fabriquées en Allemagne et aux Pays-Bas, les machines d’Aquama reposent sur une technologie émanant des Universités de Stuttgart et Ulm, en Allemagne. «Nous possédons une licence sur cette technologie», précise Willy Pomathios.

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