Marchés

L’échappée boursière d’Apple et ses précédents

Apple a atteint jeudi une valorisation boursière de 1000 milliards de dollars. Une nouvelle qui fait parler d’elle. Et pourtant, l’événement n’est pas une première

Apple aura définitivement marqué les esprits. De par ses innovations, ses techniques marketing, son fondateur, et, désormais, pour avoir atteint ce jeudi les 1000 milliards de dollars de valorisation boursière. La nouvelle a été largement commentée dans les médias du monde entier. Pourtant, dix ans auparavant, le géant pétrolier PetroChina faisait de même sans susciter un tel émoi.

Tournus dans le classement

C’était en 2007. Dès son entrée en bourse, PetroChina, détenue à une large majorité par le gouvernement chinois, avait profité de la bulle boursière sur les valeurs chinoises pour connaître une montée en flèche. Ce d’autant que seuls 2,2% du capital avaient été cotés à la bourse de Shanghai. S’ensuivit cinq mois en haut du classement boursier pour le géant pétrolier.

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Rattrapée par la crise, PetroChina se fera doubler par son plus grand concurrent, ExxonMobil. Le leader américain du pétrole conservera cette pole position durant des années – flirtant au mieux avec les 400 milliards de dollars de capitalisation boursière.

Thomas Veillet, trader indépendant à Genève, relativise cette ex-domination pétrolière. «Ces entreprises basaient leur expansion sur la spéculation. Quand le prix du baril était à 145 dollars, tout allait bien. Mais lorsque la bulle pétrolière a explosé, elles n’ont plus pu profiter de l’effet pétrole, et c’était fini.»

Apple sans limites

Pour Thomas Veillet, le passage des 1000 milliards d’Apple n’a rien d’étonnant non plus. «Tout le monde s’y attendait depuis longtemps. On ne savait simplement pas quand cela se produirait et surtout qui, d'Apple ou Amazon, serait le premier.» Ce coude-à-coude entre valeurs technologiques a passionné les analystes ces derniers jours.

Au contraire des deux ex-vedettes de la bourse, PetroChina et ExxonMobil, Apple a basé son expansion sur la révolution, et non pas la spéculation. Ce qui rend le Genevois admiratif. «Apple est une société qui fait tout juste. Ils innovent sans arrêt. Hier avec les ordinateurs et les smartphones, et aujourd’hui avec les applications et le cloud. Elle mérite sa place de numéro un.»

Convaincu du potentiel d’Apple, Thomas Veillet ne voit qu’une seule limite à cette expansion. «Le taux de pénétration d’un produit dans un pays, mais cela vaut pour toutes les entreprises. Lorsque 100% de la population mondiale aura un iPhone entre les mains, Apple sera forcée de s’arrêter.»

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