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Succursale de la banque Raiffeisen à Zurich.
© GAETAN BALLY/Keystone

Ma planète finance

La leçon de (mauvais) timing de Raiffeisen

Le conseil d’administration de la banque coopérative s’est octroyé une hausse de ses rémunérations pour l’année 2017, en pleine affaire Pierin Vincenz

La saison des rapports annuels et des assemblées générales peut sembler ennuyeuse. Elle l’est, en grande partie: des kilomètres de pages dont l’essentiel ne changera pas la face du monde, si ce n’est par une accélération de la déforestation tant les entreprises aiment imprimer sur du papier épais et brillant. Des heures de discussions entre actionnaires, pour que tout le monde finisse par dire oui à tout, ou presque, et se dirige vers l’apéro.

Pourtant, quelques pépites finissent presque toujours par émerger au milieu de ce brouhaha pour peu que l’on aime se renseigner sur les pratiques à éviter. L’an dernier, la leçon est venue de Credit Suisse. La banque avait augmenté les rémunérations de ses dirigeants, justement l’année où elle avait enregistré la modique perte de 2,7 milliards de francs. Face à l’indignation générale et, surtout, d’une partie des actionnaires qui comptent, les responsables du numéro deux bancaire suisse avaient rétropédalé.

Lire aussi: Sous la pression, Credit Suisse coupe dans ses bonus

On aurait pu croire que ses concurrentes avaient suivi le dossier. Il semble que le conseil d’administration de Raiffeisen était occupé ailleurs. Ou hibernait, tant l’affaire avait fait parler d’elle pendant plusieurs semaines. Car c’est désormais la banque coopérative qui s’est fait remarquer en augmentant les rémunérations de ses administrateurs – de 40% pour l’année 2017.

Certes, Raiffeisen était dans les chiffres noirs à la fin de l’année dernière. Peut-on pour autant féliciter son conseil? Le gratifier d’une enveloppe supplémentaire l’année même où les enquêtes sur les pratiques de son ancien directeur général Pierin Vincenz se sont multipliées? Alors que ce dernier est en prison depuis plusieurs mois, le timing est-il le bon?

Ueli Maurer s’est posé la question et il n’a pas trouvé de réponse. Dans un entretien à la presse alémanique, le ministre des Finances a estimé que la relation de confiance entre l’économie et la population était altérée. Et on voit mal comment le contredire.

Raiffeisen, qui se dit consciente que l’affaire a écorné sa réputation, affirme que les conditions salariales ont été revues pour les prochaines années. Dans quel sens, ce n’est pas vraiment clair. Quelle importance, puisque neuf administrateurs (sur onze) prévoient de se retirer d’ici à 2020, un certain nombre déjà lors de la prochaine assemblée des déléguées en juin prochain?

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