L’économie allemande a fait mieux que prévu au premier trimestre, affichant une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 0,5%. Cette progression devrait lui permettre d’éviter largement la récession crainte par certains et qui touche beaucoup de ses partenaires européens.

La hausse de 0,5% sur un trimestre annoncée mardi par l’Office fédéral des statistiques surpasse nettement le pronostic des économistes compilé par Dow Jones Newswires, d’une croissance modeste de 0,1%. Elle fait suite à un recul de 0,2% au dernier trimestre 2011. Commerce extérieur en hausse

Selon l’Office, le commerce extérieur a contribué positivement à la croissance entre janvier et mars, mais aussi la consommation des ménages, ces deux effets compensant un léger recul des investissements.

En rythme annuel, la croissance s’affiche ainsi à 1,7% selon cette première estimation, et 1,2% en données corrigées des variations saisonnières. Stagnation en France L’économie française a, elle, enregistré une croissance nulle au premier trimestre, conséquence d’une production tournant au ralenti, d’une consommation atone et de dépenses d’investissement en baisse, a annoncé mardi l’Insee. L’institut français de la statistique, qui estime à 0,2% l’acquis de croissance pour 2012, a révisé en baisse la croissance du quatrième trimestre 2011 à 0,1% contre 0,2% précédemment.

Les dépenses de consommation des ménages ont été peu dynamiques (+0,2% après +0,1% au quatrième trimestre 2011) et la formation brute de capital fixe (l’investissement) s’est repliée (-0,8% après +1,3%), dont une baisse de 1,4% pour les entreprises non financières (après +1,9% au quatrième trimestre), l’Insee citant comme principal facteur une chute des achats de matériels de transport, très dynamiques fin 2011. Pronostics divergents

L’Insee a maintenu en revanche à 1,7% le chiffre de la croissance pour l’ensemble de 2011. La Banque de France avait déjà, elle aussi, évalué à zéro la croissance au premier trimestre et prévu une activité stable pour le deuxième.

La Commission européenne estime à 0,5% la croissance en France cette année, le même chiffre que celui sur lequel compte le président élu François Hollande. Elle prévoit en revanche une expansion de 1,3% seulement l’an prochain contre 1,7% prévu par le nouveau dirigeant. Croissance nulle dans la zone euro Dans son ensemble, la zone euro a enregistré une croissance nulle (0,0%) au premier trimestre 2012 après une baisse de son PIB de 0,3% au trimestre précédent, selon une première estimation publiée mardi par l’office européen de statistiques, Eurostat.

Ce chiffre meilleur que prévu par les analystes (-0,2%) permet à la zone euro d’échapper de justesse à la récession, qui est constatée lorsque le PIB se contracte pendant deux trimestres consécutifs. Cela aurait été la seconde phase de récession en trois ans pour l’Union monétaire, revenue à la croissance au troisième trimestre 2009.

Contraction de l’économie en Italie L’Autriche a pour sa part enregistré une croissance de 0,2% au premier trimestre. Les chiffres sont en revanche beaucoup moins bons pour les Pays-Bas (-0,2%), l’Espagne (-0,3%) et surtout l’Italie, où le PIB a enregistré une contraction de 0,8% alors que les analystes tablaient sur un recul de 0,6%.

En Grèce, le PIB s’est contracté de 6,2% en rythme annuel au 1er trimestre. Ce recul fait suite à une baisse de 7,5% au trimestre précédent et de 8,0% il y a un an.